Les mesures et actions entreprises par le gouvernement pour limiter l'impact n�gatif de la crise financi�re internationale sur l'�conomie nationale "vont dans le bon sens", mais il faut rester tr�s vigilant dans la mesure o� "il y a encore beaucoup de points d'interrogation sur cette crise", a indiqu� le gouverneur de Bank Al Maghrib, Abdellatif Jouahri.
Toutes ces actions, qui ont concern� notamment le secteur du tourisme, la classe moyenne, les PME, l'habitat social et moyen standing, ainsi que l'effort de la Caisse de compensation, doivent �tre coordonn�es au niveau sectoriel et avec la Banque centrale, en tant que r�gulateur et contr�leur du secteur bancaire et financier marocain, a pr�cise M. Jouahri lors d'une rencontre avec la presse tenue jeudi � Rabat.
Il a soulign�, dans ce cadre, que Bank Al Maghrib "applaudit" les mesures prises par les autorit�s qui ont la tutelle sur le march� des capitaux pour sanctionner les manquements aux r�gles les plus �l�mentaires sur le plan d�ontologique et �thique.
Au Maroc, il n'y a pas une crise de confiance entre les banques, ni des difficult�s de financement de l'�conomie, a assur� M. Jouahri, affirmant que Bank Al Maghrib est l� pour mettre sur le march� les liquidit�s n�cessaires � l'activit� �conomique, pour que le taux interbancaire soit tr�s pr�s de son taux directeur.
Les interventions de Bank Al Maghrib sur le march� mon�taire ont port� durant le 1-er et le 2-�me trimestres 2008, sur un total hebdomadaire de 8 milliards de dirhams. Ces injections de liquidit� ont doubl� durant le dernier trimestre 2008 pour s'�lever � 16 milliards par semaine, a pr�cis� M. Jouahri qui a soulign� que la banque centrale a us� en 2008 de l'ensemble des instruments d'intervention � sa disposition (prises en pension de bons du tr�sor, op�rations swap, avances � 7 jours par appel d'offres ...etc).
Hormis quelques secteurs en relation directe avec la demande ext�rieure, comme l'habitat haut standing, il n'y a pas encore d'�l�ments qui d�montrent que la crise a touch� l'�conomie nationale, a pr�cise M. Jouahri ajoutant que jusqu'� pr�sent, il n'y a pas de crise de liquidit�, ni de restrictions au niveau de l'octroi de cr�dits � l'�conomie.
"Bank Al Maghrib alimente le march� de fa�on importante", a assur� M. Jouahri qui a indiqu� que les cr�dits bancaires ont augment� � fin novembre dernier de 26 %, apr�s l'accroissement de 29 % de 2007, "une ann�e exceptionnelle au niveau de l'activit� cr�dit".
Cette hausse a concern� toutes les cat�gories de cr�dits (cr�dits d'�quipement, cr�dit de tr�sorerie, cr�dit � la consommation, cr�dit immobilier...etc), a-t-il not�.
Le gouverneur de Bank Al Maghrib a indiqu� que la croissance de l'�conomie nationale se situerait en 2008 entre 6 et 7 %, tir�e aussi bien par le secteur agricole que par les secteurs non-agricoles.
Il a �galement mis l'accent sur la soutenabilit� du d�ficit budg�taire, qui atteindrait durant l'ann�e en cours environ 1,3 %, ainsi que la d�c�l�ration du taux d'inflation qui se situerait autour de 3,9 %, suite essentiellement au recul des cours des produits de base import�s.
Pour l'ann�e 2009, M. Jouahri table sur un taux de croissance variant entre 5 et 5,5 %, pr�cisant que le r�cent rapport de la Banque mondiale sur les pays du Maghreb, place le Maroc dans une position tr�s favorable au niveau croissance.
Il a �galement soulign� que le d�ficit budg�taire restera dans des normes acceptables avec un peu moins de 3 pc, tout comme le solde de la balance des paiements avec -2 ou -2,5 pc.
Le Conseil de Bank Al Maghrib, qui a tenu mardi � Rabat sa r�union trimestrielle, a d�cid� de maintenir inchang� le taux directeur de la Banque � 3,50 %, dans "un environnement caract�ris� par une orientation � la baisse de la balance des risques et une pr�vision de l'inflation en ligne avec l'objectif de stabilit� des prix".
Il a �galement d�cid� de r�duire le taux de la r�serve mon�taire de 3 points, pour le ramener � 12 % � compter du 1er janvier 2009. Cette mesure va se traduire par une injection dans le march� mon�taire de l'ordre de 11 milliards de dirhams.
"Les banques vont r�cup�rer pratiquement 11 milliards de dirhams avec cette baisse des r�serves obligatoires de 3 points", a pr�cis� le gouverneur de Bank Al Maghrib.
MAP