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Le corps dans le cin�ma d�Abdelkader Lagtaa. par : M. Ameur Cherqui
Publi� Le 07 / 06 / 2006 à 22:00 | Dans Art & Culture | 1993 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article

Le mouvement cr�atif dans le domaine cin�matographique marocain a aboutit au perfectionnement de certaines exp�riences notoires qui se basent sur des r�f�rences claires et des perspectives conscientes qui con�oivent l�op�ration artistique comme un produit social et une pratique contigu� � la condition historique. Dans ce sens le produit cin�matographique s�ins�re dans une orientation th�orique qui l�encadre par cons�quent. Celle-ci s�offre facilement � la d�tection de son identit�, de sa r�f�rence et de ses objectifs aussi bien personnels que g�n�raux. Cette cr�ation �mane d�un rep�re artistique et social clairs.
Parmi les exp�riences, optant pour cette tendance, il y a celle d�A. LAGTAA qui a su se faire une sp�cificit� propre pour sa cr�ation cin�matographique ; visant essentiellement l�enrichissement du projet cin�matographique national et la dynamisation de la question de la conscience artistique authentique qui a cadr�, depuis toujours les exp�riences/projets les plus forts � travers l�histoire du cin�ma marocain.
LAGTAA a d�fendu son projet culturel et esth�tique, artistiquement, par ses films comme : � un amour � Casablanca �, � bidawa �, � la porte close � , � face � face � et th�oriquement � travers ses interviews, ses d�clarations, ses interventions et expos�s lors d�un ensemble de colloques et  rencontres et ses publications dans diff�rentes tribunes de presse. Ce qui a fascin� LAGTAA, dans son projet, c�est le regard autre � la cr�ation cin�matographique et au projet social dans sa globalit� surtout que la production LAGTAA d�clare cela dans ses moyens, ses tournures, ses sujets d�investigation et ses discours pluriels li�s soit � la production cin�matographique ou aux fonctions de celle-ci, ses rapports et ses objectifs. C�est une prise de position vis-�-vis de l�art, de l�existence et de l�appartenance que justifie LAGTAA par le fait que tout se base sur les relations humaines qui sont l�essence de l�Homme surtout la relation homme/femme ou le corps marocain dans ses diff�rentes r�percussions, aspirations et refoulements.
LAGTAA est motiv�, dans ses films, par la question du corps d�chir� entre ses d�sirs ardents et l�atrocit� de la soumission. C�est une fa�on de transcrire la r�alit�, de construire la violence de l�imaginaire et de sugg�rer des r�ponses aux besoins de la cr�ation et de la r�alit� marocaine. C�est ce que nous essaierons de rapprocher dans cette �tude � partir de deux niveaux :
Le corps dans les films de Lagtaa : fonctions et r�f�rences
Le corps se d�finit, dans un sens premier, comme �tant la composante physique de l��tre anim�, compl�t�e par l��me. Il n�ob�it plus � cette d�finition une fois pris dans le contexte socio-culturel qui l�a produit et ou il �volue du fait qu�il devient objet de discours, de projets et ses relations s�entrem�lent. Par cons�quent il devient � la fois consommateur et producteur d�un syst�me de symboles et de pratiques qui sont les r�gles de l�institution sociale. Celle-ci  lui impose des limites, des interdits et le dresse, bon ou mal gr�, � accepter les fondements d�un syst�me de comportement. Et le corps rev�t une importance cruciale dans l�existence, la soci�t� et la cr�ation. De m�me, il est consid�r� comme un espace de rencontres de traces culturelles diverses.
C�est un espace de conflit culturel et id�ologique car � la recherche sur le corps englobe la soci�t� dans sa totalit�. Celui-ci n�est pas uniquement un produit de la nature mais d(une histoire, d�une culture et d�une id�ologie �. Ainsi on pourrait consid�rer la r�flexion cr�atrice et th�orique sur le corps comme sur l�existence en g�n�ral et quand � je pense  corps je pense monde � et en revanche � tuer le corps c�est d�nuer le monde de  sens �.
Des th�ses et des discours divers ont tent� la d�finition du corps et la d�fense de sa l�gitimit� d�existence comme identit� libre qui rompt avec touts les formes de l�esclavage, de la soumission et de l�exclusion, produites par l�institution sociale dans le cadre de ce que M. Foucault appelle �  la technologie de l�autorit� sur le corps �. Ce corps qui a toujours subi une violence quelconque � cause de sa soumission � une orientation pr�alable de la part de l�institution culturelle qui l�a fa�onn� comme un espace porteur de sa nomenclature symbolique. Et l�a transgress� comme existence dont le d�sir est contigu par le fait de dompter ses besoins et ses aspirations. Elle l�a �galement omis une fois il est pr�sent� sous une forme incompl�te : handicap�, ali�n�, moins fort (la femme) et inapte � se mettre � la reproduction de la nomenclature de symboles avec r�signation ; cela fait que � l�individu, ayant un handicap suscite, uniquement par sa pr�sence, un d�rangement et une confusion sur la fa�on sur la fa�on � adopter avec lui. La dialectique d�liquescente du discours ou du corps se r�tr�cit soudainement, et se confronte � la masse r�elle ou imagin�e du corps de l�autre. De l� na�t la question sur l�attitude � adopter. Le souci augmente une fois les qualit�s corporelles d�un individu sont moins encourageantes pour le prendre comme comparant (�) Le souci provient, sans doute, dans l�impossibilit� de s�ancrer dans l�autre et de se comparer � lui, d�une fa�on ou d�une autre, avec ce qu�il personnifie au profond de son corps, et de son comportement. �        


par : M. Ameur Cherqui