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Tourisme/Mekn�s-Tafilalet: Les pistespropos�es par l��tude de repositionnement
Publi� Le 15 / 01 / 2008 à 23:00 | Dans Economie | 2936 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article

� Nouveaux concepts d�h�bergement, mise � niveau des voies de communication, parcs naturels�

� Structurer les ressources naturelles pour cr�er une destination randonn�es et sports de nature

Mekn�s-Tafilalet est marqu�e par une tr�s grande richesse et vari�t� de ses ressources naturelles et paysag�res propices pour la pratique d�activit�s naturalistes: randonn�es, birdwatching, sports de nature, tourisme vert� La r�gion est m�me qualifi�e de Ch�teau d�eau du Maroc.
De la vall�e Boufekrane, en passant par la c�draie du Moyen-Atlas, les gorges et la palmeraie de Ziz, jusqu�� Erfoud et aux dunes de Merzouga. N�anmoins, l�activit� touristique demeure en de�� de ce fort potentiel touristique. L��tude de repositionnement de la destination, qui a �t� pr�sent�e hier et devra servir de �feuille de route� pour l��laboration du PDRT de la r�gion Mekn�s-Tafilalet, r�v�le que, malgr� ses ressources naturelles, la r�gion manque de positionnement clair et diff�renci�. Les r�dacteurs de l��tude soul�vent aussi que ces diff�rentes ressources naturelles sont soit sous-valoris�es soit exploit�es de fa�on anarchique, sans respect des principes de d�veloppement durable, alors que de nombreuses ressources ne sont pas int�gr�es dans l�offre globale de la r�gion.
Mekn�s et ses environs poss�dent de nombreux sites culturels qui t�moignent d�un pass� prestigieux et sont inscrits au Patrimoine mondial de l�Unesco. Le territoire de Rissani et ses environs sont inclus dans le p�rim�tre de la r�serve de biosph�re des oasis du sud marocain. Par ailleurs, le Tafilalet poss�de quelque 400 ksours qui repr�sentent une richesse patrimoniale unique. Cependant, la notion de c�ur historique du royaume est insuffisamment valoris�e, estiment les analystes.
De son c�t�, la capacit� h�teli�re de Mekn�s demeure insuffisante, sachant que le foncier est disponible dans l�enceinte de la cit� imp�riale de Mekn�s pour de futurs d�veloppements d�infrastructures h�teli�res. Le d�veloppement de l�h�bergement dans les zones de l�Atlas et de la vall�e de Ziz s�impose. Idem � Merzouga qui conna�t un am�nagement anarchique des auberges trop pr�s des dunes et sur des zones inondables. L�absence de restaurants de gastronomie marocaine ainsi que l�insuffisance de l�offre d�animation, notamment � Mekn�s, handicapent l�activit� touristique, rel�ve l��tude. C�t� transport, la ville partage un a�roport international avec F�s alors qu�Ifrane dispose d�un a�rodrome touristique. Errachidia a un a�roport national qui demeure sous-exploit� et tr�s peu connect� avec le reste du Maroc. La r�gion est relativement bien desservie au niveau routier/autoroutier. Mais les acc�s routiers sont d�faillants dans la r�gion de Kh�nifra ainsi que dans la vall�e de Tislit.
Les nationaux repr�sentent le premier groupe de touristes dans la r�gion, � l�exception d�Errachidia o� les Fran�ais sont les plus nombreux. La France est d�ailleurs le premier march� �tranger en stagnation (20%). Le march� espagnol arrive en troisi�me position (10%), alors que l�Allemagne et l�Italie repr�sentent 5% chacune. Les concepteurs de l��tude notent, en outre, une baisse de fr�quentation notoire des march�s allemand et belge. Aussi, les villes de Mekn�s-Tafilalet restent des villes de passage surtout pour les touristes �trangers. Selon eux, ces ressources tant naturelles que culturelles font que la r�gion dispose d�un potentiel important pour devenir une destination de tourisme naturaliste associ� � la culture. Mekn�s dispose �galement d�un potentiel pour que la dur�e de s�jour soit aussi importante que celle consacr�e � F�s gr�ce � un positionnement fort et diff�renci�. Une approche-produit se met en place peu � peu par le biais des Parcs nationaux et des Pays d�accueil touristiques, mais la d�marche reste insuffisante et pas assez structur�e, estiment les experts. En clair, la r�gion n�est pas encore une vraie destination de tourisme naturaliste � cause notamment de l�insuffisance des r�seaux balis�s de randonn�es, des activit�s de sports de nature inexistantes et un tourisme rural � organiser.
C�t� commercialisation, la r�gion Mekn�s-Tafilalet n�est pas, ou est tr�s peu int�gr�e dans l�offre des principaux tour-op�rateurs/ agences europ�ennes. En fait, lorsque Mekn�s est int�gr�e dans les catalogues des tour-op�rateurs au sein des circuits des villes imp�riales ou des mille facettes du Maroc, la dur�e de s�jour est tr�s courte (1 nuit au plus).
Par ailleurs, le d�sert et les dunes de Merzouga sont les produits les plus commercialis�s par les agences marocaines et T.O �trangers, tandis que Mekn�s et Ifrane restent des villes de passage. Aussi, le positionnement de la r�gion reste flou et ses activit�s phares insuffisamment structur�es. Ce qui fait que la r�gion est commercialis�e, en majorit�, comme une destination de passage et non de s�jour.
Comme le d�montre le diagnostic, la r�gion poss�de plusieurs atouts d�exception et a d�j� amorc� un positionnement sur le tourisme naturaliste organis� autour de la motivation principale d�observation et d�appr�ciation de la nature, et plus largement autour d�activit�s li�es � sa d�couverte. L��tude identifie aussi les diff�rentes composantes du tourisme naturaliste, tels le tourisme de nature, rural, sports de pleine nature et �cotourisme. Elle r�capitule le potentiel de chaque territoire de la r�gion � partir de son existant: r�serves, parcs et sites naturels, jardins, parcs animaliers, grottes am�nag�es�
Les r�gions de l�Atlas b�n�ficient des principales clefs indispensables pour l��mergence d�une offre naturaliste avec l�abondance et la vari�t� des ressources naturelles et l�existence d�espaces et aires prot�g�s, reconnaissent les experts. De fait, le Moyen et Haut-Atlas oriental structurent leurs territoires en Parcs nationaux et d�veloppent des strat�gies d��cotourisme. Cela inclut principalement l�observation de la faune (ornithologie) et la d�couverte de sites de nature � travers un r�seau de sentiers balis�s.
Le Parc d�Ifrane est le plus avanc� dans sa mise en tourisme. Les sports de nature en compl�ment de l�offre naturaliste existante et de celles en devenir. Les territoires n�cessitent en outre des animations structurantes. La beaut� des paysages, leurs espaces grandioses et leurs ressources en eau sont autant d�invitations � la pratique d�activit�s et de loisirs sportifs de pleine nature. La pr�figuration et structuration de la fili�re des sports de nature doivent imp�rativement s�initier et se d�velopper sous l�impulsion du secteur institutionnel en collaboration avec le secteur priv�.
Ce qui inclut une vari�t� d�activit�s sportives, des sites am�nag�s avec qualit� et une r�flexion globale sur l�int�gralit� du territoire pour r�partir les efforts et les activit�s sportives de fa�on �quilibr�e. Il s�agit aussi de les mettre sous la d�signation d�une m�me marque et de cr�er les conditions optimales pour laisser le secteur priv� (associations et petites et moyennes entreprises) prendre le relais du d�veloppement de la fili�re et permettre un effet d�entra�nement n�cessaire pour atteindre la masse critique suffisante. Autrement dit, construire une offre en valorisant au mieux les potentialit�s du territoire. Et ce, notamment en r�pertoriant les sports de nature � haut potentiel, les sites phares, en �laborant les couples sports/sites et en �valuant la faisabilit� des produits r�sultants. La r�gion autour de Rissani, Erfoud et Jorf offre une densit� culturelle de premier plan, diversifi�e et diss�min�e sur le territoire. L�itin�rance est bien adapt�e � la d�couverte de cette diversit� diss�min�e et pourrait se pratiquer sous diff�rentes formes d�activit�s de randonn�es: � v�lo, � pied, � cheval, en cano�-kayak hors p�riode de s�cheresse�
La d�couverte itin�rante du Tafilalet jusqu�aux dunes de Merzouga peut �tre envisag�e depuis la source bleue de Meski via la palmeraie Ziz. L�organisation spatiale du patrimoine peut permettre un maillage du territoire par le biais d�un r�seau d�itin�raires compl�mentaires en tenant compte de la richesse du patrimoine b�ti (plus de 400 ksour) et du patrimoine naturel de Tafilalet
Le repositionnement de l�Atlas passe de son c�t� par le regroupement des trois Parcs nationaux et de leur extension respective pour aboutir � la destination �cotouristique par excellence o� la nature, les sports et le ressourcement sont rois. Il s�agit aussi de promouvoir Iragne comme la porte d�entr�e de ce territoire et une station �cotouristique � la mode.

� �Arroser les ailes du papillon�

Les concepteurs proposent aussi de convertir le Tafilalet, actuellement r�duit � une destination mono-produit de Merzouga, en un territoire plus vaste et au contenu plus riche, une destination oasienne positionn�e sur davantage de segments compl�mentaires et formant une continuit� homog�ne. La d�couverte du patrimoine culturel et naturel de sa palmeraie via l�itin�rance au fil du Ziz jusqu�aux dunes de Merzouga.
La finalit� de cette strat�gie consiste in fine � �arroser les ailes du papillon� afin de cr�er des �lots de prosp�rit� qui irriguent zones avoisinantes et diffusent ainsi le tourisme et ses retomb�es sur l�ensemble des territoires de la r�gion. Les projections � horizon 2015 et 2020 ont �t� faites sur la base du principe de �hot beds�, c�est-�-dire des h�tels r�pondant aux caract�ristiques de l�offre et de la demande, et dont les lits seraient nettement plus occup�s qu�aujourd�hui: soit une occupation moyenne de 55% � 60% au minimum. Les arriv�es dans la r�gion devraient s��tablir � 600.000 et 1 million en 2015 et 2020 respectivement. La capacit� totale n�cessaire s��l�verait � pr�s de 10.000 et 16.000 lits en 2015 et 2020 respectivement. Il ne reste donc aujourd�hui plus qu�� transformer ces projections en actions concr�tes et rehausser la destination Mekn�s-Tafilalet au niveau des autres p�les touristiques attractifs.


Renforcer le label imp�rial

Le tourisme culturel est un axe de d�veloppement touristique volontariste et de diff�renciation du Maroc vis-�-vis de ses destinations concurrentes. Mekn�s-Tafilalet est par ailleurs la r�gion du Maroc qui, aujourd�hui, poss�de le plus de sites class�s au Patrimoine mondial (Cit� imp�riale et Volubilis). Associ� au patrimoine b�ti alaouite du Tafilalet, l�ensemble constitue le c�ur historique du Royaume. Mais cette richesse culturelle profite plus � la r�gion de F�s et demeure dans l�ensemble nettement sous-valoris�e. L��tude propose ainsi des opportunit�s �phares� pour Mekn�s et ses environs, pour le Moyen-Atlas et le Tafilalet. Forte de son inscription au Patrimoine mondial de l�Unesco, la cit� imp�riale de Mekn�s doit renforcer ce label en valorisant son image �imp�riale�. Pour ce faire, il est primordial, selon l��tude de repositionnement, de rassembler ses monuments grandioses, ses �quipements sportifs royaux, ses espaces urbains tant�t attractifs tant�t d�laiss�s, en cr�ant un am�nagement touristique global et une continuit� paysag�re homog�ne. Mekn�s devrait �galement s�enrichir de la grande proximit� de sa m�dina avec la cit� imp�riale, mais aussi avec d�autres attractions culturelles et touristiques de grande renomm�e (Volubilis, Moulay Driss, F�s, Celliers de Mekn�s�) qui, regroup�es, conf�rent � la destination un tout autre poids: richesse, vari�t�, unicit�. Mekn�s et ses environs offrent ainsi tous les atouts d�une grande cit� culturelle.


Sensation, frisson, bouillon de culture

Les opportunit�s ne manquent pas pour hisser l�offre h�teli�re du bip�le F�s-Mekn�s au-dessus des 10.000 lits et ainsi renforcer consid�rablement la lisibilit� de la destination aupr�s des principaux tour-op�rateurs �trangers, sugg�re l��tude. A cela s�ajoutent les potentialit�s de d�veloppement d�h�bergements ruraux autour du mont Zerhoune, dans la vall�e du Ziz, dans le Parc national de Kh�nifra et le Parc national du Haut-Atlas oriental.
Les Parcs du Haut-Altas oriental et de Kh�nifra doivent s�appuyer sur les bonnes pratiques et le d�veloppement de leurs produits �cotouristiques. Les ressources naturelles de la r�gion doivent par ailleurs se structurer pour accueillir des animations sportives et de loisirs et cr�er ainsi la destination randonn�es et sports de nature du Maroc.
Il est aussi primordial, selon l��tude de repositionnement, de commercialiser la destination aupr�s des client�les de Marrakech, Agadir, Casablanca, Rabat, F�s, Tanger, etc. (visiteurs nationaux et internationaux) sous forme de �courts s�jours sensation, frisson et bouillon de culture� avec l�utilisation pertinente et compl�mentaire des infrastructures a�roportuaires existantes et modernes (F�s-Sa�ss, Errachidia et Ifrane) pour d�velopper des connections avec les principales destinations touristiques nationales et internationales.


Dur�e de s�jour tr�s courte

Les indicateurs en termes d�arriv�es, de nuit�es, occupation et dur�e moyenne de s�jour r�v�lent que la r�gion Mekn�s-Tafilalet repr�sente aujourd�hui 5,2% des arriv�es totales du Maroc et seulement 2,5% de ses nuit�es. La dur�e moyenne de s�jour est donc 2 fois moindre dans la r�gion.
Par ailleurs, les arriv�es et nuit�es de la r�gion croissent moins vite que sur l�ensemble du Maroc au cours des 10 derni�res ann�es avec 1 point de moins par an en moyenne. Les touristes s�journent peu dans la r�gion Mekn�s-Tafilalet, et ce, quelle que soit la destination. Ce qui est v�rifi� autant pour les touristes nationaux que pour les �trangers. Durant les 5 derni�res ann�es, le taux d�occupation maximum observ� a �t� de 30%, tr�s inf�rieur � celui d�autres destinations, la haute saison se limitant aux mois d�avril et d�ao�t. La r�gion Mekn�s-Tafilalet est class�e 7e sur 16 en termes de nuit�es dans les h�tels class�s au Maroc. Mekn�s et Errachidia repr�sentaient 80% des nuit�es de la r�gion en 2006 (respectivement 54 et 26%).

Rachida Bami 
leconomiste.com

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