zizvalley errachidia
Plaidoyer pour le d�veloppement touristique du Tafilalet
Publi� Le 06 / 08 / 2007 à 22:00 | Dans Divers | 2056 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article

Grande r�gion originale, le Tafilalet a,pour tous les historiens, la particularit� d�une position naturelle isol�e du reste du Maroc par le Haut Atlas. En franchissant le col de Talrhemt (La chamelle) 2900m, le visiteur venu du Nord a l�impression de franchir un seuil, ou entre dans l�intimit� d�un nouveau monde celui des oasis et du d�sert. 

tafilaletCette vaste r�gion entre le Sahara et l�Atlas est un espace consid�r� toujours comme un monde � part, son trait le plus marquant est sans doute le contraste entre le chapelet verdoyant que forment les oasis le long des vall�es et l�immense no man�s land constitu� de montagnes et de plateaux d�nud�s.

Selon une �tude r�alis�e par le CRT Mekn�s-Tafilalet, Les oasis qui s�inscrivent dans ce territoire se pr�sentent comme des couloirs de vie tendus entre les deux alignements montagneux du Haut Atlas Oriental au Nord et des cha�nons de l�Anti Atlas au Sud . Par leur localisation, leur structure et leur continentalit�, elles ne ressemblent exactement � aucun autre espace oasien du pays, l�on est en pr�sence d�oasis de tailles diverses, juxtapos�es le long de cours d�eau situ�s dans les seuls bassins versants endor�iques du pays(Ziz, Rhris et Guir).

Par la semi aridit� de leur cadre g�ographique(50 � 300mm/an), la diversit� de leurs paysages et leur mise en valeur �conomique, elles rappellent cependant la vall�e de Dra � laquelle elles s�apparentent par la participation � trois ensembles g�ographiques diff�rents mais mitoyens et compl�mentaires � savoir le Haut Atlas, le sillon pr�saharien et le domaine primaire antiatlasique.

Toutefois , les oasis du Grand Tafilalet (Province d�Errachidia) sont cinq fois plus vastes que celle du Dra, et ont une position franchement plus continental .En effet , compte tenu de la proximit� du Haut Atlas et de la densit� de son r�seau hydrographique, la province d�Errachidia contient les oasis les plus �tendus du Maroc, voire d�Afrique du Nord , elles s�alignent le long de trois grandes vall�es : Ziz, Rhris, Guir et de leurs affluents haut atlasiques et antiatlassiques.

Dans ces oasis, o� les terres agricoles sont limit�es, vit une population de pr�s de 600.000habitants dont 75% sont des ruraux et vivent principalement de l�agriculture.

Le Tafilalet est un haut lieu de l�Histoire du Maroc, aussi bien sur le plan politique que sur le plan ethnoculturel. En effet , de par sa position remarquable � la porte du Sahara , il a �t� longtemps une v�ritable plaque tournante entre l�Afrique noire et l�Afrique du nord d�une part et entre le Machrek et le Maghreb d�autre part. Sur le plan socio cultuel, il a jou� un grand r�le dans la p�n�tration de la civilisation arabo-islamique en Afrique du nord-ouest, il a �t� aussi la base de d�part des mouvements de tribus au Maroc vers les r�gions c�ti�res tout au long de son histoire.

Cette partie du pays consid�r�e par les historiens comme le c�ur historique et g�ographique de l�ensemble du pr�sahara marocain, appara�t comme un vaste pays o� diff�rents �l�ments ethniques (imazigh�nes, arabes, populations noires) venus s�y installer depuis de nombreux si�cles, sont arriv�s tr�s lentement � se fondre. Un bloc massif de population au caract�re viril, parlant le tamazight ou l�arabe, chacun de ces groupes poss�de ses propres coutumes et ses particularit�s vestimentaires distinctes, mais cette diversit� est de pur forme, car fondamentalement la r�gion est une m�l�e � des nuances locales, ce peuple pr�sente de nombreux traits communs ; ils sont tous travailleurs et hospitaliers, ils ont tous le m�me esprit de curiosit� d�tach� et critique, la m�me attitude tol�rante et philosophe envers la vie et ses probl�mes.

Situ�e dans l�une des r�gions les plus anciennement humanis�es du Maroc, le Tafilalet fut, de longue date, associ� en partie aux grandes civilisations qui marqu�rent l�histoire du Maroc. Elles y laiss�rent des vestiges importants : tumulus fun�raires,Zaouias,marabouts,ksours et surtout la grande cit� de Sijilmassa qui fut un centre d�attraction et d�action religieuse et dont l�histoire se devine plus qu�elle ne peut s��crire. C�est l�une des premi�res villes fond�es � l��poque islamique au Maroc. Elle aurait �t� fond�e, selon certaines sources, au VIII �me si�cle avec le r�gne des Z�n�tes( royaume des B�ni Midar) bien apr�s le d�part des romains du Maroc.

Toujours est-il que c�est une ville qui a prosp�r� au Moyen Age pour devenir un v�ritable � port du d�sert � et une plaque incontournable du commerce saharien. Les �crits historiques sur Sijilmassa ainsi que ses vestiges, malgr� le peu qu�il en reste, t�moignent de l�importance de cette cit�, importance que l�on reconna�t �galement aux monnaies qui sortaient de ses ateliers.

Cette ville qui aurait abrit� jusqu�� 100.000 habitants fut pendant des si�cles l�une des villes les plus importantes du pays, avant de devenir � la fin du XVI �me si�cle le principal relais caravanier avec l�Afrique noire, l�Europe et le Moyen Orient.

Sijilmassa, c�est �galement le berceau de la dynastie alaouite. Le mausol�e de Moulay Ali Ch�rif, anc�tre et fondateur de la dynastie est situ� � Rissani, son architecture arabo-musulmane fait de lui l�un des grands monuments historiques du Maroc.

Ces �l�ments font du Tafilalet un pole d�attraction touristique par excellence, d�paysement, paysage f�erique, ciel particuli�rement lumineux propice une forme durable d��cotourisme o� la mythologie de la montagne et les aventures pittoresques ne peuvent que drainer plus de visiteurs si une strat�gie de promotion ad�quate a �t� mise en �uvre pour faire conna�tre ce produit touristique hors normes.

Merzouga a l��norme avantage de se vendre pratiquement toute seule, mais l�attrait irr�sistible de Erg Chebbi ne peut dispenser les professionnels d�une op�ration marketing de grande envergure pour entra�ner toute la r�gion de Mekn�s-Tafilalet dans une dynamique de d�veloppement touristique susceptible de faire de notre r�gion un vrai pole touristique.

Mais le Tafilalet, structur� autour de la ville d�Errachidia, est un ensemble spatio-�conomique qui pr�sente l�image d�un paradoxe saisissant. Des potentialit�s et des atouts certains mais aussi des contraintes et des d�fis qui nous imposent une vision claire, une strat�gie r�fl�chie et surtout une approche multisectorielle.

En effet, la province d�Errachidia occupe 80% de l�espace r�gional, mais seulement 25% de la population au niveau de la r�gion. Ce d�s�quilibre interpelle surtout que tous les efforts consentis par les pouvoirs publiques au niveau de l��lectrification, de l�approvisionnement en eau potable et du d�senclavement n�ont pu fixer la population.130.000 habitants en moins selon le dernier recensement.

Berceau de la dynastie Alaouite, la province d�Errachidia dispose d�un grand potentiel touristique vue la diversit� des donn�es naturelles, la richesse de de son patrimoine historique et culturel et l�authenticit� de ses traditions ancestrales. Consid�r� comme le plus grand oasis du Maroc, il conserve encore l�h�ritage de l�ancienne Sijilmassa fond�e au VIII� si�cle et qui fut la capitale commerciale et culturelle du pays situ� entre l�Afrique noire, l�Afrique du Nord

L�Europe et l�Orient .La palmeraie du Ziz qui s��tent sur plus de 150 km est un patrimoine universel, les kasbahs n�ont rien � envier � celles de Ouarzazat , les dunes de sables de Merzouga, � 40 Km de Rissani sont mondialement connus pour la beaut� du site et certaines vertus th�rapeutiques et les ksours , comme ksar El Fida qui abrit� le festival de la musique du d�sert, sont d�une valeur inestimable.

Par ailleurs les conditions p�do-climatiques de la zone agro-�cologique de Tafilalet font de cet espace l�un des r�servoirs du palmier dattier les plus riches dans le monde.

Le Tafilalet abrite aussi les principaux gisements miniers de la r�gion. Si le secteur pr�sente plusieurs atouts dont la valorisation est susceptible de lui assurer une vraie relance, il reste handicap� par un monopole de l�Etat qui ne facilite pas son �mergence.

Force est de reconna�tre que les pouvoirs publics ont consentis de grands efforts en �quipement. Un programme �norme de d�senclavement de la province vers Ouarzazate, Beni Mellal, Mekn�s et Oujda en am�nageant et en �largissant des routes a �t� r�alis�, l�A�roport Moulay Ali Cherif est fonctionnel malgr� certaines contraintes, le taux d��lectrification rurale est de 94 % , soit le meilleur sur le plan national, et celui de l�approvisionnement en eau potable est de 84%. Pourtant ces efforts n�ont pas pu endiguer la probl�matique de l�exode rural qui risque d�accentuer la d�sertification de cette zone tout en posant plusieurs probl�mes dans la p�riph�rie des villes, notamment Mekn�s.

Pour une province qui poss�de 444 km de fronti�res avec l�Alg�rie, les d�fis sont �normes et demandent l�implication de tout le monde pour les relever.

Le m�ga concert de Michel Jarre, le festival des musiques du desert et d�autres initiatives louables des amoureux du desert ont certes permis de d�passer la vision classique d�espace de d�solation et de d�clencher certaines dynamiques, mais ces actions n�ont pu produire un changement qui s�inscrit dans la dur�e et qui puisse assurer leur perrenisation et un apact cons�quent sur le d�veloppement socio-culturel de la r�gion.

Il faudrait donc pour le Tafilalet, un engagement volontariste des pouvoirs publics pour accompagner l�effort consenti par la province derni�rement dans le cadre de l�Initiative Nationale pour le D�veloppement Humain ( INDH) afin de relever les d�fis et fixer une population, fi�re d�ailleurs de sa r�gion, dans ses ksours.

Hassan BENMAHMOUD
lopinion.ma

Commentaires article
Votre nom:
Votre E-mail:
Message:
code: 1+5=