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" Marock " Parlons-en ! par M. Ameur Cherqui
Publi� Le 18 / 06 / 2006 à 22:00 | Dans Art & Culture | 1826 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
        Commen�ons par rappeler un truisme: le cin�ma n'est pas une r�alit� mais un traitement du r�el. Donc le film "Marock" est une vision que porte Leila Marrakechi sur une soci�t�. Mais comme n'importe quel signe, le cin�matographique est porteur d'une vision id�ologique qui puise ses significations latentes dans les r�f�rences de la r�alisatrice.

La question que j'aimerais poser est la suivante: quel est l'apport de � marock � pour le cin�ma marocain? Nombreux de nos cin�astes essaient de contribuer � l'�volution du 7�me art dans notre pays et ce par la suggestion de nouveaux th�mes et de nouvelles fa�ons de les aborder. Citons pour �tre clair les exemples de H. Belabbes. F. Bensaidi. N. Nejjar...

      Le film de Marrakechi a fonctionn� selon un moule forg� depuis l'apparition de la cr�ation artistique et litt�raire � savoir une histoire d'amour qui n'abouti pas � cause d'un ensemble d'obstacles. La fa�on m�me d�aborder le sujet n�est pas sortie du canevas suivi par bon nombre de r�alisateurs avec une petite diff�rence c�est que les deux amoureux appartiennent � la m�me classe sociale ; elle-m�me m�connue par une grande majorit� de marocains. 

        Ce que je pourrais reprocher � la r�alisatrice c'est d'abord sa pr�sentation des deux personnages principaux: le jeune juif qui s'attache � tous les symboles de sa religion et la consid�re avec grand respect et l'aborde en tout fiert�. La jeune musulmane est pr�sent�e quant � elle n�gligente, pire, elle prend la religion pour objet de d�rision et d'ironie. Vision que je ne tol�rerais m�me du cot� du jeune juif car elle perturbe cin�matographiquement l�ordre des choses et essaie de donner un aboutissement anticip� au spectateur. Celui-ci semble, de nos jours las du simple, du pr�t � consommer (comprendre) et cherche des id�es et des intrigues qui �veillent en lui le d�sir de chercher ce qui pourrait exister derri�re les images. Option faite par d�autres cin�astes qui ont trait� des sujets tout en s��loignant de la strat�gie qui vise � pr�senter le direct. Prenons par exemple � les ann�es de plomb : si H. Benjelloun dans � la chambre noire � a opt� pour le souci de la transposition d�une r�alit� de la mani�re la plus simple et simpliste A. LAGTAA, quant � lui, a v�hicul� � travers son film � face � face � une conception autre de cde sujet et ce en montrant les s�quelles psychologiques qu�ont laiss�es des ann�es sur tous ceux qui en ont souffert. De ce constat on aurait aim� que L. Marrakechi apporte une, a travers son �uvre des r�ponses � quelques questions et surtout � poser d�autres. 
Ensuite la fa�on de traiter le conflit a opt� pour le chemin le plus facile: exterminer l'autre, le faire tuer dans un accident. Or une vision consciente du probl�me aurait pr�f�r� un autre aboutissement dont le dialogue serait roi et toutes les valeurs musulmanes, juives, humaines... respect�es.
Bref je pense qu'un r�alisateur devrait avoir comme premier souci et comme question intrigante: qu'est ce que je pourrais apporter � l'�difice cin�matographique marocain?

Ameur Charqui