
R�sistance: Les Cinquante glorieux jours des batailles de Jbel Baddou
Publi� Le 06 / 12 / 2010 à 20:39 | Dans
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Errachidia,06/12/10- Les batailles de Jbel Baddou s'embras�rent vers la mi-septembre 1933. Le g�n�ral Hur� fit appel � cinq g�n�raux et � trois r�gions militaires. La r�sistance, men�e par Zayd Ouhmad Ouskounti, s'endurcissait de plus en plus.
Par Mustapha Elouizi
Le versant sud du Haut Atlas connut alors ses derni�res grandes batailles contre l'occupant fran�ais. En fait, les guerriers des A�t Mrghad, des A�t Hdiddou, des A�t Issa et d'Assif Melloul furent renforc�s par les durs combattants des A�t Atta.
Ces derniers vivaient encore sur un triomphe moral et symbolique contre un occupant arm� jusqu'aux dents. Des mois auparavant, ils avaient donn� du fil � retordre � une arm�e coloniale forte de plus de 80 mille soldats.
La le�on du Boughafer assimil�e, le g�n�ral Hur� entendait �pargner � ces troupes le syndrome du Saghru qu'il avait durement v�cu personnellement. En vain, Ouskounti, qui s'impr�gnait de la bravoure d'Assou Oubaslam et d'Abdelkerim El Khattabi, avait tenu t�te � une arm�e sophistiqu�, � une aviation efficace et � des effectifs l'encerclant de tous bords.
Face aux dizaines de milliers de soldats de diff�rents ordres (soldats r�guliers, l�gionnaires, spahis), les guerriers locaux n'avaient que trois cents fusils artisanaux. Ils faisaient montre, cependant, d'une grande conviction en leur cause, d'un devoir patriotique infaillible et d'une forte d�termination.
La strat�gie des attaques-�claires avait donn� ses fruits. Au d�but, le g�n�ral Hur� chargea le colonel Arnaud d'assi�ger les moudjahidines par derri�re, une initiative qui s'est av�r�e dans quelques jours d�j� non rentable, tellement la contre-attaque avait �t� tenace.
L'on passa ainsi � la confiscation des points d'eau, privant les populations de cette mati�re vitale. La direction de la r�sistance en la personne d'Ouskounti, d'Ali Atermoun et de Sidi Ahmed N'A�t Sidi Larbi ne fl�chit pas pour autant.
En fait, toute une population avait �t� mobilis�e dans ces batailles. Les femmes n'�taient jamais loin des champs de bataille. Elles soignaient les bless�s, incitaient les combattants par des "warru" (chants berb�res) et entachaient les d�serteurs par du henn�, une mani�re d'en faire la risette de la communaut�.
Il fallait faire appel ainsi � d'autres renforts. Contre ces guerriers jur�s et convaincus de leur juste cause, le g�n�ral Hur� fera appel aux commandements de cinq g�n�raux relevant de Tadla, Mekn�s, Marrakech, Tinghir et celui des zones frontali�res.
Une mobilisation tout azimut prit place. Zayd Ouhmad Ouskounti �tait d�j� c�l�bre dans les Salons politiques fran�ais. "Bien que la position d'Ouskounti devienne de plus en plus critique, celui-ci demeure toujours aussi intransigeant, pourtant le nombre de ses fid�les semble diminuer", t�moigna le colonel L. Voinot dans ses "Traces glorieuses", ajoutant que pour la seule journ�e du 25 ao�t l'arm�e avait accus� "13 tu�s et 31 bless�s, dont un officier".
Cinquante jours durant, Ouskounti et les siens ne flanchent pas face aux bolides des chars lourds blind�s, aux raids a�riens et aux coups des tirailleurs. Mais, face au manque de ravitaillements et d'eau surtout, ces braves guerriers font sortir la sagesse des Amghars amazighs.
L'histoire retiendra donc qu'ils furent aussi et surtout des guerriers d'une lucidit� rare. En manque d'effectif, ils prennent de concert la d�cision d'enclencher d'abord des pourparlers avec le g�n�ral Giraud. Il fallait �viter le pire, les troupes fran�aises venaient de tous les c�t�s et leur nombre �tait impressionnant.
Le 29 ao�t 1933, les Moudjahidines annoncent la fin des combats. Et comme au Saghru, les politiques fran�ais n'os�rent point parler d'un triomphe militaire, mais simplement d'une nouvelle pacification. Ce n'�tait pourtant pas totalement fini.
La cause �tant nationale, les guerriers survivants aux batailles de Jbel Baddou dans l'Ouskersou, allaient bient�t rejoindre les rangs de la r�sistance dans l'anti Atlas. L'objectif consistait � lib�rer tout un pays du joug de l'occupation.
MAP