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Les Ksour et les nouveaux centres urbains au Tafilalet : un s�rieux conflit d�identit� et d�int�r�t
Publi� Le 15 / 11 / 2010 à 11:59 | Dans Divers | 2953 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
La probl�matique des tissus urbains traditionnels des oasis (les Ksour) ne peut plus �tre r�duite au ph�nom�ne contemporain de la d�gradation physique des b�timents historiques. C�est une probl�matique beaucoup plus vaste et compliqu�e qui englobe des pr�occupations urbaines, socio�conomiques, culturelles, environnementales, techniques, juridique et financi�res. Une probl�matique structurelle n�cessitant des solutions curieuses et globales.

ksour tafilalet
Les constructions en b�ton se multiplient autour du Ksar. Elles prennent partout la rel�ve et s��talent en tache d�huile sur des espaces agricoles limitant la superficie cultivable et r�duisant les effectifs des palmiers dattiers qui supportent l��conomie locale.
(Ici pr�s de l�entr�e de Ksar Ait Yahia O�athmane � Goulmima) (Photo de l�auteur).


Les constructions en b�ton se multiplient autour du Ksar. Elles prennent partout la rel�ve et s��talent en tache d�huile sur des espaces agricoles limitant la superficie cultivable et r�duisant les effectifs des palmiers dattiers qui supportent l��conomie locale.
(Ici pr�s de l�entr�e de Ksar Ait Yahia O�athmane � Goulmima) (Photo de l�auteur).

Au Tafilalet, (Province d'Errachidia) et partout dans la r�gion oasienne, cette probl�matique concerne de fa�on particuli�re le d�s�quilibre entre les Ksour comme forme d�habitat traditionnel et leur mode d'appropriation actuel. Ce ph�nom�ne qui avait accompagn� le processus de � modernisation � de la soci�t� oasienne et des mutations socio�conomiques et urbaines qu�elle a subit depuis le contact avec la civilisation europ�enne par l�interm�diaire de la colonisation fran�aise, pose avec grande acuit� le probl�me de cohabitation entre ces deux formes urbaines contradictoires :
� Une forme ancienne symbolisant le pass�, r�duite actuellement en h�ritage historique sans v�ritable fonction dans la vie des populations, puisqu�elle est devenue incapable de r�pondre � leurs attentes en mati�re de la qualit� de vie (salubrit� et confort) et d�int�gration au nouveau contexte socio�conomique et urbain.
� Une forme � caract�re moderne diff�rente de la premi�re sur tous les plans, urbanistique, fonctionnel et r�f�rentiel, manifestant ainsi une grande incompatibilit� avec les sp�cificit�s du paysage culturel et urbain des oasis.

Cette incompatibilit� frappante au niveau des formes architecturales et des fonctions urbaines entre un mod�le urbain en d�valorisation continue et un autre fascinant et attractif rend l�gitimes les pr�occupations suivantes :
� Y�a-t-il encore une raison pour d�fendre la sauvegarde d�un habitat � archa�que � d�grad�, d�vitalis�, marginalis� et abandonn� avec une telle ampleur ?
� Quelles conditions doivent se r�unir pour qu�une coexistence harmonieuse s��tablisse entre tradition et modernit� en mati�re de l�urbanisme au moment o� les ruptures entre les deux styles urbains portent la marque d�un s�rieux conflit d�identit� et d�int�r�t ?
� Quelles seront les cons�quences �conomiques, socioculturelles et environnementales de l�expansion non contr�l�e de l�urbanisation banale, sans aucun sens d�organisation ni de souci aux besoins immat�riels qui font l�identit� m�me de la soci�t� oasienne (r�f�rence historique, m�moire collective, sp�cificit�s culturelles, puret� du milieu naturel, �quilibre �cologique de la palmeraie, qualit� du paysage�) ?
� Devant l�impossibilit� (et l�absurdit� m�me) de songer � l�arr�t de l�expansion urbaine quel qu'en soit le prix (d�gradation de la palmeraie, r�duction de la superficie agricole, pollution et �puisement de l�eau, appauvrissement des richesses culturelles, �) est-il encore possible de contr�ler ou de rationaliser l�urbanisation de telle sorte � permettre aux Ksour de remplir une fonction valorisante dans le contexte urbain moderne ?

Un autre aspect de cette probl�matique tient au fait que la notion du patrimoine culturel et ses valeurs �conomiques, identitaires, scientifiques, historiques et paysag�res proclam�es dans la l�gislation relative � la protection des monuments historiques (loi 22-80) n�a rien de signification pour la grande majorit� des populations ni m�me des acteurs locaux.
En effet, le bien �tre, tel qu�il est con�u aujourd�hui au niveau local ne peut �tre atteint qu�� travers la construction d�un logement en b�ton � l'�cart de l�ancien Ksar. L�habitat des Ksour qui remplissait des fonctions vitales dans la vie de la soci�t� agricole traditionnelle ne peut plus r�pondre aux exigences actuelles en termes de bien �tre. Le manque d�int�r�t aux sp�cificit�s territoriales du paysage urbain, culturel et naturel oasiens dans les documents d�urbanisme, car con�us le plus souvent par des professionnels �trangers au contexte de la soci�t� locale, et la place accord�e par les programmes du d�veloppement aux nouveaux centres urbains en mati�re de desserte, d��quipements, d�infrastructures de base et des services de proximit� sont tant de facteurs qui accentuent davantage le choc urbain n� de l�int�gration forc�e de nouvelles pratiques d'urbansime, acc�l�rant le processus de d�gradation etla dynamique de d�clin des monuments historiques et des sites naturels et culturels remarquables.

Dans notre cas, l'�tendue de la zone et les particularit�s de son contexte urbain imposent une approche sp�cifique, aussi bien de la probl�matique que de la strat�gie de sauvegarde. En effet, l�habitat traditionnel y pr�sente une double probl�matique n�e essentiellement de l�extension de nouveaux centres urbains :
� La premi�re est li�e � la grande crise socio�conomique qu'a connu le r�seau des Ksour qui �taient � l'�ge d'or de la civilisation oasienne un ensemble coh�rent, florissant, int�gr� et interd�pendant.
� La deuxi�me concerne l'�clatement de ce r�seau urbain traditionnel ce qui a entra�n� sa d�valorisation, sa d�gradation et son abandon d�o� un grand dysfonctionnement du territoire oasien.

Afin d'�tablir une strat�gie de r�habilitation d�passant la vision techniciste du patrimoine architectural et paysager des oasis, il y a lieu de souligner que cette double probl�matique doit �tre consid�r�e dans toutes ses composantes : sociales, �conomiques, �cologiques et physiques. Il s'agira de d�clencher un processus de revalorisation et de requalification du r�seau global des Ksour en prenant en consid�ration les mutations socioculturelles en cours et en s'articulant autour des besoins quotidiens et r�pondant aux demandes sociales imm�diates et l�gitimes des populations.


Aba SADKI
Urbaniste � Gestionnaire de l�environnement
Conservateur des Monuments Historiques et des Sites
Inspection R�gionale des Monuments Historiques et des Sites (Mekn�s-Tafilalet)
http://www.abasadki.blogspot.com

Commentaires article
Commentaire N�1 Post� par : Faridi Abderahman Le 15 / 11 / 2010 à 15:48 Adresse IP: 81.192.126.113
Bravo cher ami pour votre article ,c'est un t�moin que la r�gion de tafilalt ; r�gion des oasis ; est en plein crue avec ces monuments humains qu'ils faut revaloris� avant de revaloris� nos immenses monuments historiques. Pour l'approche techniciste dans il faut avou� qu'il a besoin d'une profonde critique dans le cadre de l'�largissement de l'approche participative et le processus de d�mocratisation que connait le maroc .
Commentaire N�2 Post� par : boube faima z Le 29 / 01 / 2011 à 18:49 Adresse IP: 41.201.77.159
comment conserve le patrimoine de ksour
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