
Khamlia, un village d�sertique chavirant aux rythmes gnaouis et des ondoiements des dunes
Publi� Le 21 / 10 / 2010 à 11:38 | Dans
Divers | 2007 Lectures |
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A sept kilom�tres de Merzouga, le village de Khamlia se dresse comme une trace historique ind�l�bile et un rep�re identitaire s�culaire.
Par Mustapha Elouizi
Les souvenirs du "koyo" chant�s par les Gnaouis locaux font remonter le temps, pour raconter les p�rip�ties du pass�, les vibrations du pr�sent et les aspirations du futur. Ici, l'on est chez les Marocains descendants de la r�gion du Sahel, venus au pays, depuis d�j� des si�cles, dans le cadre du commerce triangulaire. La couleur de peau des habitants, les habitudes, la danse et la musique ainsi que le mode d'habitation renseignent sur ces anciennes racines africaines. C'est un v�ritable champ d'�tudes anthropologique.
A l'entr�e du village et des deux c�t�s du bitume, l'image d'enfants tentant, autant que faire se peut, de persuader les usagers de la route, des touristes en g�n�ral, d'acheter des �cureuils chass�s dans les dunes mitoyennes, fait d�sormais d�cor statique de ce plateau naturel. D'autres, cartables sur le dos, s'acheminent, midi pass� de quelques minutes, vers leurs demeures en pis�e, saluant au passage les touristes � bords de leurs v�hicules tous terrains non stop.
Khamilia n'est autre qu'un hameau africain, aux modestes demeures clairsem�es, au pied des dunes jaunes ou roses, selon le temps qu'il fait. Le pis�e offre une joliesse incommensurable au milieu. La disposition al�atoire de d�pendances utilitaires met en valeur le style de vie communautaire.
Des tas de bois de feu et des fours traditionnels se trouvent ici et l�, et sont g�r�s collectivement, mais aussi rationnellement.
Bien que le village dispose d'un r�seau d'approvisionnement en eau potable � l'int�rieur des demeures m�me, des groupes de filles et de femmes sont souvent vues � bord de leurs montures en direction de la source la plus proche. " L'eau de la source est plus douce ", disent-elles. Ce n'est qu'une r�ponse qui cache mal le besoin d'�tre en groupe, et l'envie sociologique de partager les informations et discuter de leurs pr�occupations.
Dans le cas de Khamlia, le communautarisme est loin d'�tre en perte de vitesse. Mais des signes d'ouverture et de mixit� sont l�. La synergie avec plusieurs familles des tribus d'A�t Khabbach est viable et la mixit� commence � s'imposer, pour ceux qui d�cident de d�m�nager, d'envoyer leurs �l�ves en classe secondaires et surtout pour ceux qui veulent envahir le monde cosmopolite du tourisme.
Le visiteur qui entend divulguer les myst�res de ce village, emprunte les multiples pistes d�j� trac�es par les v�hicules tous terrains. A son insu, il pense qu'il est seul. Mais les villageois sont l�. Derri�re les portes mi-ouvertes, les fen�tres semi transparentes, et les murs jaun�tres, l'on ressent facilement une douce et gentille pr�sence. Tout au long de la route, des panneaux de signalisations renseignent sur les institutions du village. Des associations de d�veloppement, des auberges, restaurants, galeries d'art � l'un des indicateurs les plus suivis reste celui menant au "nid" des pigeons du sable-, groupe musical orchestr� depuis vingt ans par Lm�llam Zayd Oujjeaa.
Erig� en un tr�s beau et modeste mus�e, ce local associatif reste un passage incontournable de tous les groupes de touristes. Vingt cinq jeunes personnes, tous habill�s en djellabah blancs et ceinture rouge, babouches et turban blanc, contrairement aux costumes en couleurs des Gnaoua d'Eassaouira, assurent l'animation quotidienne aux visiteurs de diff�rentes nationalit�s. Du th�, des amendes et cacahu�tes sont servis aux invit�s en rituel, et au menu de r�sistance danses et rythmes Gnaoui.
Zayd et son groupe jouent cet art dans son �tat pur. Pas de fusion, pas de rythmes non africains, et pas de sensation du jeu, l'on reproduit toujours avec la m�me sinc�rit� et la m�me authenticit�. Hajhouj, crotales et Ganga (tambour) font la f�te. Vers la fin de la prestation, l'on offre aux visiteurs la possibilit� de s'associer � la danse, pas de transe, certes, mais des sensations fortes traversent les volontaires. Vers la fin, ceux qui d�sirent r��couter cette musique spirituelle peuvent acqu�rir les CD disponibles sur une �tag�re � la sortie. Mais l'�v�nement phare que connait la Khamlia est bel et bien la "Sadaka" (aum�ne), sorte de festival et carrefour de tous les originaires de ce village, des passionn�s de l'art Gnaoui et des fid�les parmi les �trangers qui d�couvrent aussi des femmes, dans une exp�rience singuli�re de cet art.
Toute cette richesse culturelle fait que le taux de retour � Khamlia soit important, souligne Lm�alam Zayd. Quelque milliers reviennent ainsi chaque mi-ao�t pour f�ter cette longue " Lila " de transe, se rem�morer les racines et p�renniser une tradition ancestrale.
MAP