zizvalley errachidia
Une vie, par Mohamed Agoujil
Publi� Le 04 / 09 / 2010 à 10:56 | Dans Créations Littéraires | 1990 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
Quand j’étais enfant, mon père m’emmenait avec lui à la pêche. Ses filets étaient toujours usés et chaque soir il s’isolait dans un coin de la pièce, qui nous servait de logis, pour les raccommoder. Ma mère qui n’avait jamais apprécié ce métier se lamentait des temps perdus et des rentées bredouilles.
Elle accusait mon père d\'incapacité à se dégourdir le corps et aller chercher ailleurs, d’insouciance pour l’avenir de sa famille, et… de manque de courage. Ce qui mettait mon père hors de lui
et faisait se répandre ses insultes sur le tapis aux couleurs multiples et éteintes de notre misère.

_ Regarde un peu la vie en face!! tu verras que tu ne fais que l\'éviter!. Tu ne fais que refaire tes filets enchevêtrés, tu passes la nuit à les défaire sans pour autant penser à te défaire toi moi même des trames qui t’enroulent

Ainsi, chaque soir les guerres éclataient chez nous, et mes parents continuaient à s’arracher le peu de bonheur qu’ils gardaient chacun en souvenirs de sa jeunesse, d’avant leur union, sous les regards hagards de la
ribambelle d’enfants que leur désirs effrénés avaient générés. S’ils s’aimaient? ils ne s’en rappelaient plus. On dirait qu’ils s’étaient
oubliés depuis leur première rencontre. Jamais mon père n’avait appelé sa femme de son son prénom, celui qui la distingue de toutes. La particularité de ma mère faisait peur à mon père. Et,il a fini de la tuer
dans sa mémoire. Il avait même tuée sa voix en l’écoutant proférer ses remontrances sans réagir.

Ce silence ou ce désintéressement,arrangeait, quand même, ma mère qui y trouvait l’occasion de vider ses rancœurs sur ce sac de paresse et
d’insouciance. Elle finissait toujours par insulter le premier jour de leur
compagnie devenue une habitude, une accoutumance,une drogue! la vie à deux étant presque impossible, ils ont fini par apprendre à vivre l’un à coté de l’autre.

Mon père étant toujours accusé de manque de courage, l\'attendait au tournant, à chaque tours de phrases,pour exploser,se secouer
comme alerté à l’imminence d’un danger pour venger ce qui restait de viril en lui face à une femme qui n’avait jamais bravé les vagues au milieu des vagues, de l’écume, du vent et du reste … Il s’abattait sur
elle comme sur son destin à lui, comme sur la coïncidence, comme sur l’accoutumance, comme sur leur vie seule à seule. Ils aimaient pourtant
s’aimer mais ils n’en avaient pas la chance, se disaient-ils. Seul le silence les réconcilie. Pour avoir du calme, ils ont appris d’abord à
se taire. Ma mère cache ses bleus sous son foulard et mon père s’obstine à rester son homme sans pouvoir le devenir. La misère que rapportait mon père chaque soir à sa sortie des vagues n’arrachaient jamais les sourires aux enfants qui attendaient là, depuis le matin de leur enfance.

Mohamed Agoujil

Commentaires article
Commentaire N�1 Post� par : ÚãÑ Úáæí äÇÓäÇ Le 04 / 09 / 2010 à 17:15 Adresse IP: 41.140.184.250
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