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Silence, Hamid Bennani tourne son � enfant Cheikh � � Erfoud
Publi� Le 12 / 02 / 2010 à 23:00 | Dans Art & Culture | 2924 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
C�est dans un d�sert caillouteux, � cinquante kilom�tres au sud d�Erfoud, que le r�alisateur marocain Hamid Benani a choisi de tourner certaines s�quences de son prochain long-m�trage � L�Enfant Cheikh �.

Sous des hauteurs rev�tues de roches noires, l�auteur de � Wachma � (1970) recompose l�une des inoubliables �pop�es berb�res au temps de la r�sistance contre le colonisateur fran�ais. Du haut de ses 68 ans, il g�re paternellement, mais surtout professionnellement, une �quipe tout � fait jeune. Avec un Kamal Derkaoui comme chef op�rateur, le plateau de tournage est totalement maitris�.

Du c�t� d�un Oued � sec, Farah Halfaoui qui incarne le r�le de � Toucha �, conduit un groupe de femmes berb�res guerri�res (des Amazones) des A�t Atta, en chantant une po�sie lyrique amazighe, remerciant le mont du Saghru d�avoir abrit� les braves fils de Boughafer, avec en t�te Assou ou Baslam.

Au milieu de ces femmes, un petit gar�on d�� peine six ans marche nonchalant. Idir, personnage nodal de la fiction, est �lu chef de communaut� de femmes � Amazones � ayant perdu leurs hommes dans la guerre contre les fran�ais. Le mythe de l�enfant sauveur ayant marqu� les civilisations m�diterran�ennes, ne pourra jamais achever son parcours narratif dans le film, en d�pit des tentatives du facteur adjuvent de son p�re (Baha) interpr�t� par Mohamed Majd et de Zahra que colporte la com�dienne Sanaa Mouzian.

Mais la violence de cette conqu�te militaire coloniale et ses cons�quences d�ali�nation et de spoliation, en tant que facteur opposant, ont eu gain de cause, et emp�cheront le mythe de devenir r�alit�. � C�est la premi�re fois que ce mythe m�diterran�en d�enfant sauveur se r�alise, mais le processus n�arrive pas � sa fin �, explique Hamid Benani.

Les A�t Ouaaziq, l�une des fractions de la conf�d�ration des A�t Atta, auront perdu ainsi leur sauveur. Mais, la bataille de Bougafer restera dans les annales de l�histoire. Aussi bien les g�n�raux Vial et Hur� que l�historien Henri de Bordeaux t�moign�rent d�une bravoure in�gal�e de la part des � indig�nes �. La mort du capitaine Bournazel, nomm� � Balmorel � dans le film, a �t� � lui seul au go�t d�une d�faite significative.

Reconvertir alors la c�l�bre bataille de Boughafer au grand �cran revient � creuser dans les d�dales d�une histoire �pique �crite principalement par la sociologie colonialiste, mais que les contes populaires des A�t Atta pr�servent en la transmettant aux g�n�rations futures.

Hamid Benani, qui a pris place sur une petite colline surplombant le plateau de tournage depuis le petit matin, a puis� dans les deux registres. L�esprit d�une fiction qui emprunte � la r�alit� ses �l�ments de base le motivait, et la volont� d�approcher un �v�nement phare du nationalisme marocain le hantait.

� Je pense que les artistes en g�n�ral doivent chanter leur histoire et l�interroger de telle mani�re � en faire un objet d�art et une r�f�rence culturelle et chercher la part de l�imaginaire dans le r�el �, nous r�pond Benani habill� en costume de circonstance et envelopp� dans son cabinet noir de visionnement.

Passionn� et dynamique tel un jeune cin�aste, l�auteur de � La pri�re de l�absent � (2001) trouve certainement son plaisir � filmer ce Maroc profondeur o� les gens vivent, aiment, souffrent, r�vent� � Mon r�le, dit-il, consiste � lire entre les lignes de l�histoire et � relever la part de l�imaginaire dans le r�el �.

Les principaux personnages de cette histoire pr�sent�e sous forme d�un r�cit relat� en flash-back par Said, enfant adoptif de Baha, sont interpr�t�s par une pl�iade d�acteurs marocains auxquels le r�alisateur a fait appel, tels Mohamed Majd, Mohamed Bestaoui, Driss Roukh, Sana Mouziane, Mohamed Rizqui, Mohamed Lotfi.

Les soldats de l�ombre de l�industrie cin�matographique d�ploient un double effort, implanter d�abord leur logistique dans des endroits assez accident�s, accomplir ensuite leur mission consistant � pr�parer un plateau ad�quat aux acteurs et contribuer au tournage en tant que perchiste, ing�nieur de son, costumi�res, d�corateurs...

Mais, c�est bel et bien la jeune �quipe d�Erfoud qui assure le transport, le casting, la r�gie� assure que les r�alisateurs marocains peuvent venir filmer dans leur ville, �tant donn� l�exp�rience qu�ils ont en la mati�re avec d�autres tournages internationaux.

� La ville d�Erfoud m�rite bien un studio pour �tre � m�me d�accueillir de grandes productions et prendre sa part dans l�industrie cin�matographique �, soutiennent en ch�ur Abdelhaq Bediar, Mohamed Saidi, Jawad Baraka et Omar Jyad membres de l��quipe de l��quipe de tournage install�s � Erfoud.

Quant aux habituels probl�mes de tournage, affectant toutes les productions, le r�alisateur est plus que confiant dans les qualit�s de gestion de Thami Hajjaj, r�gisseur chevronn�, qui s�y penche ardemment.

Sur le plateau, le cin�aste Hamid Benani est tr�s concentr� sur son objet, son objectif est d�achever dans trois semaines un film qu�il entend livrer pour des g�n�rations, si � Wachma � avait grav� la m�moire des cin�philes des ann�es 70 du si�cle pr�c�dent, pourquoi pas � L�enfant Cheikh � en 2010.

Mustapha Elouizi
(MAP)

Commentaires article
Commentaire N�1 Post� par : ouali Le 13 / 02 / 2010 à 03:06 Adresse IP: 91.163.5.183
le resum� donne envie d'aller voir le film c'est vraiment g'nial.
Commentaire N�2 Post� par : SBAI Le 17 / 02 / 2010 à 17:59 Adresse IP: 41.214.229.32
A Monsieur Benani voici un l'adresse du blog ou j'ai commenc� � rassembler des articles concernant notre aieul Moulay Ahmed Oulahcen SBAI qui a tant lutt� dans le Tafilalet et ailleurs avec les tribus ait atta ait mourgahd...
pour la libert� de notre pays le Maroc :

cheikhsbai.blogspot.com

j'�sp�re que vous ou autres r�alisateurs marocains puissent � travers un film rendre hommage � la barvoure et au courage de moulay ahmed ben lhassen sbi�
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