zizvalley errachidia
L��me et l�image
Publi� Le 05 / 02 / 2010 à 23:00 | Dans Art & Culture | 2004 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
Certains critiques d�art aussi bien que des peintres de confession musulmane expliquent la quasi inexistence de la sculpture et de la peinture figurative en terre d�Islam par l�interdiction impos�e par cette religion de reproduire tout ce qui poss�de une �me. Cette croyance existe aussi dans les milieux populaires o� plusieurs personnes �g�es refusent encore aujourd�hui de se laisser photographier.
Ce rapport conflictuel entre l�homme et l�image remonte � des temps tr�s �loign�s. Freud �crit que � l�un des proc�d�s magiques dont on se sert le plus commun�ment pour nuire � son ennemi consiste � fabriquer son effigie avec des mat�riaux quelconques(...)Tout ce qu�on inflige � cette effigie frappe �galement le mod�le ha�. � Otto Rank ajoute que � la crainte de faire son portrait ou sa photographie est r�pandue dans le monde entier. On la trouve chez les esquimaux,aussi bien que chez les Indiens d�Am�rique,chez les peuplades de l�Afrique Centrale ,en Asie, aux Indes Orientales et en Europe(...)Pour eux ,l��me est repr�sent�e par son image ,ils craignent que le possesseur �tranger de cette image ne puisse se livrer sur elle � quelques malifices,m�mes mortels � .
Mais les historiens et les arch�ologues font remonter l�existence de l�art -bien qu�il ne soit appel� ainsi que r�cemment-aux chasseurs pal�olitiques.Plusieurs grottes ont �t� d�couvertes regorgeant de sc�nes de chasses dessin�es sur les parois rocheuses.Ces savants donnent plusieurs explications aux causes de l�apparition de cet art pari�tal.On peut en retenir deux: sa valeur sacr�e et sa valeur fonctionnelle, valeurs qui se confondaient d �ailleurs dans l�esprit des chasseurs. Cependant l�art n�a pris sa valeur purement esth�tiques que ces derniers temps.Il existe encore de nos jours des traces de peintures corporelles permanentes ou passag�res comme le tatouage dont la signification s�est perdue dans la nuit des temps pour devenir aujourd�hui ,comme le maquillage, un effet de beaut�.L�art,sous toutes ses formes, a donc �t�,depuis le d�but ,un rapport assez �troit entre la vie quotidienne et la vie spirituelle des gens.Les nouvelles religions monoth�istes ne pouvaient donc pas ignorer son existence.
Aujourd�hui o� l�image domine le monde � travers tous les m�dias,l�homme musulman se trouve � la recherche de la sienne et refuse ces images floues et d�form�es que le miroir occidental lui renvoie de lui m�me.A la diff�rence de l�homme occidental qui s�est forg� une image avantageuse et qu�il a fini par int�grer jusqu�� se confondre avec elle � travers tous les arts(cin�ma, TV, photographie, peinture ,sculpture etc)et � travers les �ges de l�Antiquit� grecque et la Renaissance jusqu�au vingt et uni�me si�cle;image qu�il embellit chaque fois un peu plus et qu�il impose comme mod�le de l�Image de l�Homme. L�homme musulman se d�bat � la recherche de son image en essayant de mimer celle de l�Autre tout en la rejetant.La civilisation future a cr�e un nouvel homme l�homo iconicus- un homme qui vit d�sormais dans un monde virtuel o� l�image n�est plus le reflet de ce qui existe,de ce qui est pris et emmagasiner par les appareils photos ou les films des cameras mais la cr�ation par l�image et de l�image d�un monde qui n�existe que dans l�esprit d�un programmeur.
Il est devenu courant aujourd�hui de juger de l��volution d�un domaine quelconque (sciences ,arts, �conomie etc) en r�f�rence au mod�le occidentale �tant donn� qu�il s�est impos� par son savoir-faire et sa p�n�tration dans toutes les soci�t�s du monde m�me dans les coins les plus recul�s de la terre.Il n�est pas rare d�entendre des penseurs des pays du tiers-monde se r�f�rer � la d�mocratie occidentale,au d�veloppement technologique occidental et � tout le mod�le occidental en g�n�ral dans leurs discours. Mais bien que l��volution g�n�rale d�une soci�t� (dans tous les domaines )ne puisse �tre identique � une soci�t� voisine on peut cependant constater l�existence de certains points communs auxquels ces soci�t�s se r�f�rent c�est le cas par exemple de la religion.Ces religions, pour des raisons historiques tendent � se regrouper dans une aire g�ographique assez pr�cise.Ici,autour de la mer M�diterran�e,plusieurs attributs culturels ont concern� et touch� tous les peuples des pays du pourtour m�diterran�en: on peut aller de la civilisation pharaonique,ph�nicienne,gr�co-romaine � la civilisation jud�o-chr�tienne et enfin musulmane.Il est donc important de voir l�attitude de ces religions vis-�-vis de l�image � partir de leur livre saint et de leur traditions.
En ce qui est des Hadiths du proph�te Mohamed rapport�s par Mouslim et Boukhari deux positions se d�gagent .En effet on peut comprendre l�interdiction dans certains cas, comme dans le hadith qui dit � Al mousawiron subiront le ch�timent extr�me le jour du jugement dernier. � Un second hadith rapport� par Mouslim et Boukhari : � Celui qui cr�e une image sera ch�ti� et sera oblig� d�y insuffler une �me mais ne pourra pas. � Dans un autre hadith rapport� par A�cha,�pouse du proph�te, � Le proph�te vit une image sur un rideau (...);il demanda � A�cha de d�crocher le rideau car les anges n�entrent pas dans les maisons o� il y a des images ou des chiens.Elle enleva le rideau et le d�coupa pour en faire des coussins. � On peut conclure que l�image est rest�e � la maison mais sous une autre forme:au lieu de rester debout et en entier elle a �t� d�coup�e en plusieurs parties qui ne formaient plus un tout qui pourrait sugg�rer une image de culte.
En ce qui concerne les poup�es Mawerdi rapporte ceci: � Les poup�es ne sont pas employ�es dans un but de d�sob�issance aux prescriptions divines,mais seulement pour habituer les fillettes � �lever les enfants,il y a cependant quelque chose qui frise le p�ch�,car il y a reproduction de figures d��tres anim�s et ressemblance avec les idoles.Il y a donc une mani�re de voir qui en permet l�usage et une autre qui le r�prouve, et c�est d�apr�s les circonstances qu�il y aura lieu de le r�prouver ou de l�admettre.Le proph�te, p�n�trant un jour chez A�cha, la trouva jouant avec des poup�es, et il la laissa faire sans marquer de r�probation. � En plus l�historien de l�art Titus Burckhardt rapporte dans son livre sur l�art de l�Islam que: � lorsque le Proph�te eut conquis la Mecque ,il se rendit d�abord dans l�aire sacr�e et accomplit, mont� sur sa chamelle ,la circumbilation autour de la kaaba .Les Arabes pa�ens avaient entour� le parvis d�une couronne de 360 idoles, nombre qui correspond aux jours de l�ann�e lunaire. Le Proph�te frappa ces idoles de sa canne et les abattit l�une apr�s l�autre ,tout en r�citant le verset coranique: � La V�rit� est venue;la vanit� s�est �vanouie ;certes ,la vanit� est �vanescente. �(xvii, 33 . � Puis ,il se fit donner la cl� de la Kaaba et y entra. Les parois int�rieures �taient orn�es de peintures ex�cut�es par des artistes byzantins sur commande des seigneurs pa�ens de la Mecque; elles repr�sentaient des sc�nes de la vie d�Abraham combin�es � des coutumes idol�tres; s�y trouvait aussi une image de la Sainte Vierge � l�Enfant.Le Proph�te recouvrit cette image de ses deux mains et ordonna d�effacer toutes les autres. L�ic�ne de la vierge fut d�truite plus tard par un incendie .Ce r�cit traditionnel indique le sens et la mesure de ce qu�on appelle, � tort, � l�iconoclasme musulman � et que nous pr�f�rons d�signer par le terme d� � aniconisme �:Si la Kaaba est le coeur de l�homme, les idoles qui la peuplaient repr�sentent les passions qui obs�dent le coeur et l�emp�chent de se souvenir de Dieu . D�s lors ,la destruction des idoles -et par extension le rejet de toute image susceptible de devenir une idole -est pour l�Islam la parabole la plus �vidente de la � seule chose n�cessaire �,� savoir la purification du coeur en vue du tawhid,du t�moignage ou de la conscience qu� � il n�y a pas de divinit� hormis Dieu. �
Par contre,rien dans le Coran n�interdit la reproduction des images.Le seul cas o� l�on trouve une r�f�rence aux images est la sourate xxi,versets 53/52,67,traduction de R�gis Blach�re(1966) � quand il dit � son p�re et � son peuple: � Que sont ces statues devant lesquelles vous vous tenez? �Ils r�pondirent: � Nous avons trouv� nos p�res les adorant. �Abraham dit: � Certes,vous et vos p�res,vous �tes dans un �garement �vident. �Ils r�pliqu�rent: � Es-tu venu � nous avec la V�rit� ou bien es-tu de ceux qui se jouent? �- � Tout au contraire,r�pondit Abraham,votre Seigneur est le Seigneur des Cieux et de la Terre.(C�est Lui)qui les a cr��s et je suis de ceux qui en t�moignent!Par Allah!Je bernerai certes vos idoles apr�s que vous aurez le dos tourn�. � Et il les mit en pi�ces sauf la plus grande d�entre elles,esp�rant que peut-�tre(les impies) s�en prendraient � elle. �
En ce qui concerne la religion Jud�o-chr�tienne on trouve dans le Deut�ronome 27/15- � Maudit soit l�homme qui fait une image taill� ou une image en fonte,abomination de l�Eternel, oeuvre des mains d�un artisan,et qui la place dans un lieu secret. �Et 5/8 � Tu ne feras pas d�images taill�es, aucune figure de ce qui est en haut dans le ciel ,en bas sur la terre... � P.R.Leclerc rapporte dans le Magazine Litt�raire du mois de D�cembre 1989 que: � D�s la fin du VI �me si�cle,la repr�sentation de Dieu suscita la controverse;l��v�que de Marseille qui r�agit ,-non sans brutalit�,contre certaines formes d�idol�trie- s�expose aux remontrances du pape Gr�goire le Grand: � Il ne fallait pas tout de m�me d�truire les images...afin que les analphab�tes,en regardant les murs, puissent lire ce qu�ils ne peuvent pas lire dans les livres. � Ce n��tait qu�un d�but, la querelle allait devenir ,plus vaste et lourde de cons�quences, une question mettant en opposition l�ancienne tradition juive et la naissante tradition chr�tienne.S�affrontent deux conceptions du divin- celle de l�Ancien Testament o� Dieu ne doit pas �tre repr�sent� � parce que vous n�en avez jamais vu aucune forme � et celle de l�Evangile qui affirme que J�sus �tant Dieu,le Verbe qui s�est fait chair est montr�-. � Cette lutte avait atteint m�me la monnaie; cette monnaie qui a pris avec l�Antiquit� grecque une valeur esth�tique,les cit�s battant monnaie rivalisaient de beaut�,avait obtenu avec l�av�nement de la chr�tient� l�effacement de la figure humaine.Durant le Moyen Age,les rois fran�ais n��taient alors plus repr�sent�s sous leurs traits mais sous une apparence symbolique.
On peut conclure que les deux religions ont � peu pr�s la m�me attitude vis-�-vis de l�image bien que le catholicisme reste plus centralis� hi�rarchiquement contrairement � l�Islam o� les ordres ne viennent pas d�une source d�autorit� reconnue par tous.Mais il est plausible que ce sont bien d�autres raisons qui ont facilit� le d�veloppement des arts picturaux dans les civilisations occidentales et leur fl�trissement dans l�aire arabo-musulmane.Car,tout en supposant que les artistes musulmans se tinssent � cette interdiction formelle(makroh/haram)- ils auraient pu soit reproduire les objets qui n�ont pas d��me: ce qu�on appelle aujourd�hui des natures mortes:des pommes,des arbres,des maisons etc-soit trouver une autre solution.
La sculpture et la peinture existaient bien avant l�av�nement de l�Islam en Arabie;et lors des conqu�tes musulmanes et le brassage des peuples il y eut la d�couverte des miniatures persanes et hindies par les chefs musulmans mais l�art n�a pas pu trouver les conditions propices � son developpement.D�autres formes d�art ont prosp�r� dans les pays musulmans comme l�architecture,l�arabesque et la calligraphie.Or ,on remarque que ces arts sont entre les mains des rois et des Imams qui se confondaient parfois en la m�me personne.Il appert avec le recul historique que ces arts n�offrent qu�un champ tr�s restreint pour �voluer et se diversifier contrairement � l�architecture moderne ou la peinture et la sculpture.En plus les arts arabo-musulmans ont tendance � devenir des arts hi�ratiques au style et aux r�gles impos�s par la tradition. C�est un art officiel soutenu par le seul pouvoir existant (religieux et s�culier) donc il est devenu une excroissance qui a marginalis� toutes les autres formes d�art. De l� on se demande � quel moment de l�histoire l�art est-il pass� de la cr�ation des objets usuels donc fonctionnels aux objets d�coratifs dont la seule valeur est esth�tique. Pour r�pondre � cette question il faudrait �tudier l��volution de l�art et la situation des artistes dans la soci�t� et leurs rapports avec le march� et le syst�me du m�c�nat. Or l�institution artistique a besoin pour cr�er et se cr�er d�un public,d�un mus�e,d�une critique et d�un march�;et ce qui a constitu� le m�c�nat en Europe c�est d�abord l�Eglise, l�aristocratie puis la bourgeoisie. Le commerce des images pieuses s�est d�velopp� jusqu�� se transformer en un march� lucratif gr�ce aux princes,aux rois et � tous ceux qui pouvaient se permettre de se payer les services d�un peintre ou d�un sculpteur pour faire leur portraits ou tout simplement d�corer une �glise ou un palais.
Comment se fait-il que les Arabes qui ont traduit le grec n�ont pas puis� dans ses arts,sa cultrue,son th��tre mais se sont content�s seulement de sa philosophie et ses math�matiques? C�est que l�art et la culture grecs �taient consid�r�s comme pa�ens.Et c��tait d�ailleurs la m�me position de l�Eglise au d�but de la Renaissance lorsque les artistes italiens ont commenc� � peindre des nus.Il n�y a pas eu dans l�Islam une renaissance la�que parall�le � la religion qui aurait pu d�velopper l�art au service de la religion. Ce transfert a eu lieu dans les divers Islams d�une autre mani�re pour r�pondre � ce besoin d�un support mat�riel � la croyance populaire. Le fait m�me de ne pas pouvoir personnaliser Dieu en un objet de culte -bien que le fait soit attest� au niveau du langage � cause de l�anthropomorphisme du langage humain-fait que le musulman se tourne vers les Siyed,les Oualis,les mausol�es,les tambeaux,les arbres ou les sources sacr�es ou tout autre objet qui puisse remplir ce vide qui naquit de l�abstraction de l�id�e de Dieu.
L�homme musulman n�a pas d�image visuelle de lui-m�me.Il est une abstraction qui tend � ressembler � une autre abstraction,� un sur-moi vieux de 14 si�cles. Une image qui tend � se renouveler chaque fois pour devenir l�Id�ale lui-m�me et non son image.Chaque nouvelle image s�efface de nos m�moires pour y �tre remplac�e par une autre qui ne correspond pas � celle que nous croyons �tre la n�tre.Cette qu�te m�ne vers l�image id�ale de l�Être Id�al qui est le Proph�te Mohamed comme si l�histoire et la vie n��voluaient point et comme si le Proph�te ,s�il avait v�cu jusqu�� aujourd�hui il serait une personne fig�e qui n�aurait pas chang�.Cela a entra�n� dans certains esprit une confusion entre l�image physique(porter la barbe,se raser la moustache...) et l�image morale(�tre honn�te,droit,g�n�reux...) qui,elle, semble plus difficile � imiter. L�homme musulman vit dans une civilisation r�gressive qui tente de retrouver la puret� originelle.Seulement cette image est rest�e orale,elle n�est pas visualis�e.Il n�y a pas de miroir qui nous renvoie notre image et sa progression � travers les �ges.Dans la civilisation arabo-musulmane il y a une lutte entre la parole et l�image(d�ailleurs toutes les religions monoth�istes sont des religions du Verbe).Et,en Islam c�est, normalement, la po�sie qui aurait d� �tre interdite car les po�tes sont entr�s directement en conflit avec le Proph�te d�ailleurs on trouve dans le Coran, xxvi-221, � T�annoncerai-je sur qui descendent les D�mons? Ils descendent sur tout imposteur plein de p�ch�s.Ils leur communiquent les bribes qu�ils ont saisies mais la plupart d�entre eux sont menteurs. De m�me les po�tes sont suivis par les Errants.Ne vois-tu point qu�en chaque vall�e ils divaguent et disent ce qu�ils ne font point? � Ces versets r�pondent d�apr�s R�gis Blach�re � � une objection des polyth�istes accusant Mahomet d��tre un po�te inspir� par un djinn. � On trouve aussi dans la sourate xxxvii,35 � Et ils disaient: � Allons-nous d�laisser nos Dieux pour un po�te poss�d� ? � On peut remarquer que la charge d�interdiction est plus forte contre les po�tes que contre les peintres ou les sculpteurs.L�interdiction est plus explicite que dans le cas de la reproduction des images.D�ailleurs, connaissant l�importance de l�intention dans l�Islam on comprend facilement la permissivit� acquise par certains peintres et certains sculpteurs ou au niveau de certaines prises de positions des oul�mas par exemple en ce qui concerne les poup�es.Dans la religion musulmane l�intention prime sur l�acte:aucune action ne peut �tre valid�e si l�intention n�est pas exprim�e avant de l�entreprendre par l�actant.
Le r�le de la po�sie dans la soci�t� arabe ant� et poste islamique a �t� un moyen d�information redoutable:un po�me pouvait d�clencher une guerre entre deux tribus, faire ou d�faire la renomm�e d�une personne .Et,contrairement � la peinture ou la sculpture, la po�sie n�a pas besoin d�un savoir-faire particulier (puisque tout le monde en faisait),ni d�un support particulier pour circuler.La cr�ation des arts plastiques n�cessite des moyens mat�riels et cognitifs importants qui supposent l�existence d�un circuit en amont et en aval qui permet la circulation,la reproduction et donc la r�mun�ration des travaux artistiques.
En r�alit�, l�art n�existe que pour ceux qui le connaissent et l�appr�cient.C�est un besoin qui se manifeste, encore de nos jours, dans presque tous les travaux faits pour le plaisir par les femmes et les artisans; l�art ne devient dangereux que quand il exprime la libert� de l�homme et son d�sir de sortir des chemins battus et des carcans o� chaque soci�t� tend � emprisonner l�imagination des hommes.

Moha SOUAG

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