Des oasis, paradis des plantes aromatiques
www.zizvalley.com | Le 23 / 07 / 2012 à 10:34 | Dans Divers


Un projet de d�veloppement dans le Tafilalet qui vise la formation des agriculteurs sur les techniques de culture de produits certifi�s et labellis�s.

Transformer la fili�re des plantes aromatiques et m�dicinales (PAM) en un levier de d�veloppement local durable. Voil� l�objectif du projet de d�veloppement des PAM certifi�es et labellis�es, mis en �uvre depuis 2006 dans le cadre du Programme oasis du Tafilalet (POT), par l�Équipe environnement et sant� (ERES) de la Facult� des sciences et techniques d�Errachidia (FSTE). Ce projet qui devra continuer jusqu�� 2015 est r�alis� en partenariat avec le minist�re de l�Habitat, l�Agence de d�veloppement social, la Direction g�n�rale des collectivit�s locales et le Programme des Nations unies pour le d�veloppement (Pnud).

Aujourd�hui, parmi les acquis de ce projet, la cr�ation de sites d�monstratifs et la formation des agriculteurs (180 producteurs) sur les techniques de culture et la production d�une quinzaine de plantes aromatiques et m�dicinales (spontan�es et cultiv�es) au niveau des sites du projet (Goulmima, Tinejdad et Jorf). Le projet s�est fix� �galement comme objectif d�accompagner les productrices et producteurs depuis la mise en culture jusqu�� la r�colte et le traitement post-r�colte. �Nous avons �uvr� � la formation des producteurs sur l�aspect organisationnel, ce qui aboutit � la cr�ation de coop�ratives f�minines et mixtes. Avec cette organisation, nous projetons la cr�ation d�un groupement d�int�r�t �conomique (GIE) qui peut assurer l�agr�gation des producteurs, la valorisation, la transformation et la commercialisation des produits de PAM�, a soulign� Lhoussaine El Rhaffari, responsable de l�Équipe environnement et sant� (ERES) de la Facult� des sciences et techniques d�Errachidia (FSTE). Et ce dernier d�ajouter : �Dans ce sens, notre projet a accompagn� et form� les productrices et producteurs sur les techniques et technologies de valorisation, de transformation et de commercialisation des produits de PAM�.

L��tude de march� des PAM au niveau des oasis du Tafilalet a permis de d�gager les principales esp�ces commercialis�es � l��tat frais ou s�ch�. Le commerce tourne autour de 52 esp�ces, dont 26 (50%) sont cultiv�es et 26 (50%) sont spontan�es. Selon les commer�ants interview�s, la production des oasis du Tafilalet en plantes est g�n�ralement comprise entre 5% et 30%, sauf pour les plantes natives des oasis comme le henn�, le c�prier, le cumin, le romarin, l�armoise, le thym pour lesquelles la production et aux environs de 100%. Dans le cas des plantes cultiv�e et commercialis�e � l��tat frais, la production des oasis est d�environ 12%.

Codex aromatique
Le d�ficit de la fili�re nationale des PAM est structurel et plusieurs actions ont �t� lanc�es pour sortir le secteur de cette triste situation au moment o� le march� international s�organise. �Le Maroc dispose d�une grande biodiversit� riche et vari�e en plantes aromatiques souvent end�miques dilu�es dans les codex aromatiques des pays d�velopp�s qui savent bien la pr�senter ou la formuler sous forme de tisanes, de parfum, de m�dicaments, de produits de bien-�tre, etc. En effet, sur un march� qui d�passe les 64 milliards de dollars, le Maroc ne b�n�ficie que de quelques millions de dirhams pour la r�mun�ration de la collecte�, a indiqu� Mustapha Ismaili Alaoui, pr�sident de la Soci�t� marocaine des plantes aromatiques et m�dicinales (SOMAPAM).

Quant aux cons�quences de l�absence du codex aromatique pour les PAM au Maroc, M. Ismaili Alaoui ajoute : �Continuer � travailler sans codex aromatique c�est comme ouvrir un restaurant sans menu et sans �tude du march�. Notre association s�est d�j� propos�e dans le cadre de la strat�gie nationale des PAM pour mettre sa modeste contribution au profit de la fili�re. Sans codex aromatique, le Maroc va continuer � subir les al�as de la nouvelle r�glementation europ�enne de Reach et des lois en cours d��laboration.� L�objectif de la nouvelle r�glementation europ�enne Reach est d�enregistrer, d�ici � 2018, les quelque 30 000 substances fabriqu�es ou import�es dans l�Union europ�enne (UE) ainsi que les risques li�s � leur utilisation.


Trois Questions � : Lhoussaine El Rhaffari, responsable de l�ERES de la Facult� des sciences et techniques d�Errachidia.
� Pari gagn� �
Parmi les obstacles au d�veloppement des PAM, la prolif�ration des interm�diaires. Comment avez-vous r�solu ce probl�me ?
Le plan d�action de d�veloppement de la fili�re des PAM certifi�e et labellis�e, mis en �uvre depuis 2010, a contribu� � l��laboration de produits des PAM qui sont commercialisables directement par des femmes et hommes oasiens. Ces ventes sont organis�es dans des salons et des �v�nements via des contrats �tablis � l��chelle locale avec des auberges et g�tes touristiques. Par ailleurs, des contrats sont en cours d��laboration � l��chelle nationale avec la plateforme de Maroc Taswiq et les grandes surfaces et au niveau international avec des plateformes europ�ennes.

Votre projet devra �uvrer pour le lancement d�un processus de passage � la valorisation et la transformation des PAM. Quelles ont �t� les actions r�alis�es dans ce sens ?
Apr�s les actions de formation et de renforcement des capacit�s des partenaires sur les techniques de production, notre �quipe s�est pench�e sur le transfert de techniques et de technologies, simples et adaptables au contexte oasien, via des formations th�oriques et pratiques et des voyages d��tudes, pour permettre aux femmes et hommes
oasiens d�assurer la valorisation et transformation des PAM. Cela a apport� ses fruits, vu les divers produits �labor�s par les b�n�ficiaires du programme: PAM s�ch�es (safran, marjolaine, sauge, menthe, verveine�) et extraits et huiles v�g�taux (carthame, nigelle), savons traditionnels, m�langes d�herbes, couscous parfum�s aux PAM�

La strat�gie nationale des PAM a �t� mise en application � l��chelle des oasis de Tafilalet. Quels sont ses atouts et ses faiblesses ?
La strat�gie nationale pour le d�veloppement de la fili�re des PAM est n�e en 2008. Le plan d�action de notre �quipe constitue une d�clinaison de ladite strat�gie � l��chelle d�une r�gion � la limite du d�sert ; connue notamment par un environnement hostile et un syst�me de production simple. Le d�fi, apr�s une analyse de la fili�re des PAM au niveau des oasis, a �t� d�adapter cette strat�gie � ce contexte et de faire de la fili�re des PMA un levier �conomique.
En cette ann�e 2012, l�apparition sur le march� de produits � base de PAM des oasis est un t�moin que le pari a �t� gagn� et que les oasiens sont sur la voie de cr�ation de la fili�re de PAM au Tafilalet.

Assises euro-m�diterran�ennes
Parmi les actions pour promouvoir la fili�re des plantes aromatiques et m�dicinales au Maroc, l�organisation en mai dernier � F�s des assises euro-m�diterran�ennes sur l�exploitation et la valorisation des plantes m�dicinales et aromatiques (PAM), avec la participation d�experts de huit pays du pourtour m�diterran�en, assises consacr�es essentiellement � l��tablissement d�un r�seau international autour de l�Institut national des plantes m�dicinales et aromatiques (INPMA) de Taounate.
Autre initiative, le lancement en juin dernier par le Programme des Nations unies pour le d�veloppement (Pnud), du projet relatif � la conservation des ressources naturelles et la sauvegarde de la biodiversit� dans la cha�ne de valeur des PAM et qui sera mis en �uvre par le Haut Commissariat aux eaux et for�ts et � la lutte contre la d�sertification.

Publi� le : 22 Juillet 2012 - Rachid Tarik, LE MATIN