L�Universit� � Er-Rachidia � le bilan s�impose
www.zizvalley.com | Le 27 / 12 / 2011 à 10:27 | Dans Divers
Ce n�est que lorsque des �tudiants(tes) perturbent la tranquillit� habituelle de cette localit�, et attentent ouvertement aux droits de la population , en bloquant carr�ment la circulation, sans le moindre sens de civisme, que l�habitant ordinaire se rappelle (ou apprend ) que l� institution universitaire est � chez nous �.
Et pourtant , il ya d�j� plus d�une d�cennie , c'est-�-dire au d�but des ann�es 90 du si�cle dernier, que l�Union Europ�enne avait financ� et encadr� un programme de r�forme universitaire au Maroc, avec la cr�ation d�un r�seau d��tablissements appel�s � Facult�s des Sciences et Techniques �, dont l�une des quatre premi�res fut implant�e � Er-Rachidia. L�objectif vis� �tait bien s�r l�extension de l�offre �ducative ,mais surtout le d�veloppement de fili�res ouvertes sur les besoins et les interrogations des zones b�n�ficiaires du programme. Dans cette perspective, la F.S.T. d�Er-Rachidia �tait appel�e � capitaliser le savoir sur le domaine semi d�sertique et oasien du sud atlasique (le volet sciences ), tout en contribuant, avec d�autres op�rateurs, au d�veloppement des � techniques � adapt�es, destin�es � surmonter les contraintes �cologiques au d�collage des domaines semi- d�sertiques, comme le Tafilalet .( le volet techniques ).
La province des dattes devait donc se f�liciter d�avoir attir� pour une fois l�attention des d�cideurs, qui lui ont accord� un projet estim� alors � 14 milliards, avec un espace �tudes et une cit� universitaire. Er-Rachidia allait profiter des bienfaits li�s � ce nouvel �quipement socio-�ducatif : acc�s � l�enseignement sup�rieur pour des couches modestes de la population � am�lioration de l�environnement et des possibilit�s �conomiques gr�ce � l�apport technologique de l�institution � l�accueil de centaines de jeunes bacheliers(i�res),tout pr�s de chez eux(elles), et en fin de compte, leur socialisation , pour en faire des � citoyens filalis authentiques� puis des citoyens marocains accomplis � Malheureusement, aux dires de ceux qui connaissent bien le dossier, � le ver �tait dans le fruit �.En effet, l��tablissement est demeur� dans l�anonymat acad�mique et scientifique, derri�re ses remparts de forteresse, tournant le dos � son environnement immuable , et il faudrait user de loupe pour d�nicher son impact sur le sort de la zone ; pire encore , les premiers dirigeants l�avaient condamn� � �tre et rester, un � bocal � pour entretien et d�veloppement des virus du clanisme , de l�intol�rance et de la n�gation de l�autre. Au lieu de constituer un foyer de rayonnement de savoir et de science, sur un territoire ravag� par l�analphab�tisme et l�ignorance ,un creuset de civisme et d�int�gration positive des jeunes amazighophones et arabophones ,l�institution est devenue � l�intrus par qui le scandale arrive � � ksar es souk,. Ya-il plus dramatique que les jeunes �tudiants de cette contr�e de savants et d�hommes pieux ,soient incapables de dialoguer et en viennent au meurtre ; au sein d�un espace cens� parachever leur �ducation � la citoyennet�, � la diff�rence et aux droits fondamentaux ?
Au travers de l�histoire sanglante et des guerres de religion que l�Occident a v�cu, l�Universit� n�est-elle pas rest�e cet univers � merveilleux � qui entretenait les grandes valeurs universelles, depuis Cordoue et Tol�de en Andalousie, o� brillaient jadis les savants musulmans, juifs et chr�tiens , jusqu�� la Sorbonne fran�aise ?.Ya t il plus r�voltant que les �tudiants passent le plus clair de leur temps � pi�ger un directeur � rapace � qui se plaisait � d�tourner leur nourriture ?
Toute la population concern�e ici connait la � siba � organis�e que vit cet �tablissement , en proie au � nomadisme � du corps professoral, � des luttes intestines pour des motifs incroyables, devant le silence ou l�insouciance des responsables officiels concern�es .Et , avec une seconde unit� dont les chantiers demeurent interminables et l�encadrement indigent (la F.P.E), le noyau universitaire d�ici mettra bien du temps � germer , pousser , grandir et donner les fruits escompt�s. Le semblant de rayonnement scientifique que l�institution semble retrouver ces derniers temps ne trompe que les moins avertis, un audit rigoureux r�v�lerait la gouvernance � exemplaire � et l�usage fait des deniers publics. L�unit� de mise en bouteilles de gaz au voisinage de cette � Bastille � avec sa nouvelle fa�ade m�tallique, semble bien plus utile � la population besogneuse et r�sign�e de Ksar es Souk.
Si l�Union Europ�enne nous a g�n�reusement offert un �tablissement pour combattre le sous d�veloppement dans cette zone recul�e, les n�tres ont r�ussi � en faire un � cadeau empoisonn� �, voil� notre bel exploit !!
Nous nous permettons de conclure, avec amertume, que les bienfaiteurs perdent leur argent, leur savoir, et leur savoir-faire. La � mal�diction � semble ne plus vouloir nous quitter�.il nous faudrait un � formatage � culturel profond , dont le logiciel n�est pas encore mis au point.
A.Mehdaoui � observateur local