Voyons l'hiver autrement�par El bachir tanafaat
www.zizvalley.com | Le 18 / 04 / 2010 à 22:15 | Dans Cr�ations Litt�raires
Voyons l'hiver autrement�

Penser � l'hiver c'est penser souvent � la pluie, � une bonne saison pour un agriculteur, c'est penser aussi � la neige, au sport du ski pour un touriste, aux grands froids pour certains d'autres. Mais l'hiver, n'a-il que ces cot�s manifestes et mat�rielles ? N�a-t-il pas un autre visage latent se cachant derri�re ce trop physique ? Un autre mystique et philosophique?
La r�ponse � cette question n'exige pas beaucoup d'effort. Il suffit de faire une excursion � la for�t, pendant la p�riode hivernale, ce qui m'�tait arriv�, et de contempler les arbres fruitiers. Comment sont-ils ? La premi�re observation qui saute � l'esprit est que ceux-ci sont d�pourvus de leurs feuilles, qu'ils plongent dans une nudit� extr�me. Autant dire, ils sont dans l'�tre, dans l'essence et loin de toutes apparences qui les ornent durant tout le reste de l'ann�e. Emmanuel Levinas quand il parle du visage il a �crit que celui-ci est l'�tre de l'�tre, sa profondeur et sa m�taphysique. Cette partie du corps, qui, selon ce philosophe, repr�sente notre v�rit�, est toujours d�couverte, d�voil�e et lieu de toute rencontre avec l'autre. On peut dissimuler nos �motions, nos sentiments et notre monde interne, mais on demeure incapable de faire de m�me devant cette partie transparente qui est le visage. Est-ce que l'hiver est donc synonyme de l'essence, de la v�rit�?
L'association de la nudit� et les grands froids caract�risant l'hiver choque l'esprit �tant donn� que durant ce moment de l'ann�e le corps a besoin de la chaleur plus qu'autre temps. L'essence, est-il l'�quivalent de la souffrance? Cette association paradoxale semblait vouloir dire que l'�tre, d�sirant vivre comme une diff�rence, tel qu'il est et non tel que les autres veulent qu'il soit, doit souffrir, tel cet arbre qui supporte le mauvais temps pour acqu�rir un essence et devient autre jouissant de son autonomie. Sartre dit que le vivre ensemble devient infernal � partir du moment ou il y a un certain �crasement qu'on vit dans l'entourage. Autant dire, lorsque l'autre nous rejette pour la simple raison qu'on est diff�rent. Tout se passe ici comme si l'hiver �tait une invitation � l'alt�rit�, � l'acceptation de l'autre comme une diff�rence.
Quand l'hiver s'ach�ve c�dant ainsi la place au printemps, les arbres, auparavant d�shabill�s, se mettent � acqu�rir une beaut� et leurs branches courbent sous le poids de leurs fruits. Le printemps n'a jamais pr�c�d� l'hiver et il restera toujours son devenir. Voyons donc cette saison philosophe autrement�


El bachir tanafaat