Quand Alnif se rem�more Boughafer et la bravoure des A�t Atta
www.zizvalley.com | Le 02 / 03 / 2010 à 21:05 | Dans Divers
Le village d'Alnif a remont� le temps, le week-end dernier, � pr�s de huit d�cennies. A 40 km du Saghro, mont f�tiche qui fut la sc�ne, en 1933, de la bataille de Boughafer, les A�tta ont toujours la m�moire vivace.
Il s'agit de comm�morer un �v�nement phare, de s'impr�gner de ses enseignements et de penser l'avenir de la r�gion. Structur�e au sein de l'Association Boughafer pour le d�veloppement, la jeunesse de cette localit� d'environ 8.000 habitants a, en effet, tenu � c�l�brer le 77�me anniversaire de cette bataille m�morable sous le th�me "l'histoire et le d�veloppement local". Une mani�re de relier le pass� au pr�sent.

Dans toutes les �troites ruelles de ce carrefour de routes venant de Zagora, Rissani, Tinghir et Errachidia, les banderoles et affiches annon�aient le rendez-vous traditionnel, en langues arabe, fran�aise et amazighe.
Dans la petite place du village, une exposition de documents historiques, de livres d'histoire, d'ustensiles utilis�s � l'�poque est mont�e dans une grande tente blanche. Les autres photos illustrent, de fa�on on ne peut plus claire, le d�s�quilibre flagrant entre un camp fort de seules sa volont� et sa d�termination � d�fendre sa patrie, son identit� et sa dignit� et un autre, arm� jusqu'aux dents, avec plus de 80.000 soldats, compos� de spahis alg�riens et s�n�galais, des l�gionnaires fran�ais et des enr�l�s des tribus sous le pouvoir du Pacha Glaoui.
A la faveur d'une foi in�branlable en la justesse de leurs droits et de leur cause, les r�sistants des A�t Atta, dont le nombre ne d�passait gu�re les 4.000 allaient transformer la g�ographie en un atout de taille. Le surnombre n'y pouvait rien. Pourtant, les d�g�ts parmi les envahisseurs furent nombreux. La blessure et la mort du capitaine Henri de Bournazel et d'autres officiers sera un argument suffisant pour convaincre la R�sidence g�n�rale, sur proposition du g�n�ral Hur�, de la n�cessit� d'un cessez-le-feu, puis d'une n�gociation. Ce que Assou O'Baslam accepta sagement et intelligemment.
"Chaque ann�e, nous c�l�brons cet anniversaire, histoire de rester en phase avec les valeurs qu'ont d�fendues nos anc�tres, et de renouer avec l'esprit de patriotisme, qui se cristallise dans notre volont� de d�velopper notre petite ville", a tenu � faire remarquer, Sekkou �tudiant universitaire qui pr�pare un m�moire sur cet �v�nement historique.
Chercheurs en anthropologie et histoire, les invit�s de l'association se sont attard�s sur la dimension historique de l'�v�nement, en insistant sur la n�cessit� de sauvegarder la m�moire locale, par le recours aux t�moignages d'acteurs ayant pris part � cette bataille dont le souvenir est encore vivace.
L'�crivain Zayd Ouchna a mis l'accent sur l'importance capitale du t�moignage oral et de la narration dans la connaissance de ce qui s'est r�ellement pass�.
De son c�t�, l'universitaire Brahim Oubella a appel� � conf�rer � cet �v�nement historique la place qu'il m�rite dans les manuels scolaires. Les nouvelles g�n�rations, a-t-il affirm�, doivent s'inspirer de cette symphonie patriotique, afin de pouvoir surmonter les d�fis modernes en mati�re de d�veloppement local et national.
Ce qui compte pour nous chercheurs, c'est de recoller les pi�cettes de cette m�moire quelque peu tronqu�e, notamment par la collecte des noms des personnes ayant particip� � ce genre de batailles du c�t� marocain, a, pour sa part, not� l'�crivain Moha Soug.
"Nous pouvons citer tous les g�n�raux, colonels et m�me caporaux des forces fran�aises, mais on ne conna�t pas les noms de tous les r�sistants marocains ayant guid� les batailles de Boudnib, Jbel Baddou, Boughafer et de tous les autres combats du sud-est", a relev� M. Souag, qui s'appr�te � publier un livre � dimension historique.


Mustapha ELOUIZI
MAP