Les khettaras, expression d'ing�niosit� des agriculteurs du Tafilalet
www.zizvalley.com | Le 08 / 02 / 2010 à 23:00 | Dans Divers
Signe de vie dans le d�sert, les khettaras ont le vent en poupe. Leur vertu socio-�conomique vient d'�tre de nouveau mise en valeur par les membres du Conseil d'administration de l'Agence du bassin hydraulique Guir-Ziz-Rheris r�unis en d�but de cette semaine � Errachidia.

Par Mustapha Elouizi

Cet ing�nieux syst�me de mobilisation des eaux souterraines, est, en effet, menac� de disparition et aujourd'hui de nombreuses khettaras sont � sec. Outre son caract�re patrimonial, la khettara renseigne sur un mode de vie dans un espace oasien qui fait face � la d�sertification et � une d�gradation �cologique sans commune mesure.

Gr�ce � un d�bit moyen drainant les nappes phr�atiques estim� � 260 l/s, soit 8 m3 par an, selon les sp�cialistes, les khettaras permettent une alimentation r�guli�re qui a fait ses preuves par le pass�, eu �gard aux fluctuations pi�zom�triques � caract�re r�p�titif constant.

Ainsi et � chaque fois que l'on perd une khettara, c'est de nombreuses exploitations agricoles qui disparaissent, c'est aussi l'�cosyst�me oasien qui est affect�, puisque ce proc�d� assure syst�matiquement la pr�servation des conditions �cologiques et naturelles.

La perte des khettaras entra�ne �galement la paup�risation d'une communaut� pr�te � quitter son territoire g�ographique et social. Ce n'est donc pas uniquement la s�cheresse qui est responsable de l'�tat de ces khettaras abandonn�es, mais plut�t le manque d'entretien. En effet, la construction d'une khettara n'exige pas beaucoup de d�penses, mais son entretien permanent, � travers le curage des sables, n�cessite une vigilance particuli�re.

"Nous avons le devoir de pr�server et de prendre soin de ce syst�me ing�nieux, �cologique, respectant les cycles naturels, ce patrimoine hydro-agricole ancestral qui ne doit pas dispara�tre, � travers son am�nagement et son entretien", fait remarquer Ali K�biri, d�put� de la province d'Errachidia et d�fenseur de l'environnement.

Les experts comparent, � raison d'ailleurs, entre une khettara et un petit b�b�: tous les deux doivent faire l'objet d'une attention et d'une vigilance particuli�res. L'entretien d'une khettara est un travail de longue haleine, d'o� la n�cessit� d'une multitude d'op�rations, notamment le nettoyage et le curage du sable, la correction des pentes et le reprofilage, la construction des puisards, le prolongement du puits de t�te, etc...

Comment g�re-t-on l'eau achemin�e par une khettara? C'est une loi coutumi�re appel�e "droit de l'eau" qui r�git la r�partition, en fonction du volume des travaux fournis par usager, lors de la construction de la khettara. Ce volume de travail, converti en parts dont l'unit� est appel�e "ferdia", correspond � une dur�e de 12 heures d'irrigation.

Par contre, sa r�paration s'av�re assez difficile, dans la mesure o� elle pose beaucoup de probl�mes s'apparentant, selon les experts, � la restauration de monuments historiques. Mais encore faut-il disposer d'une main-d'�uvre qualifi�e et de moyens financiers suffisants. La baisse de revenus des petits agriculteurs du Tafilalet, engendr�e par la baisse du niveau des nappes, entra�ne, ipso facto, de nouveaux d�parts vers les centres urbains et c'est exactement ce cycle infernal qu'il faut briser.

La cr�ation prochainement d'une Agence nationale des zones oasiennes mettra certainement le doigt sur ces d�ficits socio�conomiques.

Outre son caract�re �conomique, la khettara fait appel � un environnement social et naturel li� � des coutumes favorisant l'esprit du groupe et engageant tous les ayant-droits dans un processus d'entretien collectif rappelant l'approche participative, en vogue actuellement.

Par ailleurs, la gestion du contexte social s'effectue en parfaite harmonie avec le d�veloppement d�mographique et la donne environnementale, de telle mani�re � pr�server l'authenticit� des activit�s r�alis�es.

MAP