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Carnaval d'Achoura ou la nuit la plus festive de Goulmima
www.zizvalley.com | Le 27 / 12 / 2009 à 23:00 | Dans Divers


Goulmima, 28/12/09 - La f�te d'Achoura rev�t un go�t particulier � Goulmima (66 km au sud d'Errachidia) avec son carnaval qui a fait revivre, ce weekend, la ville aux rythmes et aux d�guisement de cette tradition symbolique de port�e culturelle et significative.

La population persiste ainsi � c�l�brer et � p�renniser une tradition jud�o-berb�re s�culaire. Chacun y va de son potentiel cr�atif : la majorit� des masques est confectionn�e sur place � base de peau de moutons et de ch�vres. Les pr�paratifs ont lieu quelques jours avant le carnaval. La troupe d'Addi, artiste sculpteur habitant le Ksar de Goulmima, prend cette ann�e le devant de la sc�ne. Ses membres s'entra�nent intens�ment au Mellah, lieu charg� d'histoire abritant depuis le 18-�me si�cle des familles jud�o-berb�res.

"Notre objectif n'est autre que de p�renniser cette coutume ancestrale et semer la joie parmi les Iguelmimen, en attendant que les festivit�s du carnaval soient prises en compte par les instances comp�tentes", lance Addi, dans un joli code-switching alternant le fran�ais, l'amazigh et le dialecte marocain.

Portant une trempette bronz�e, ce quadrag�naire ajoute qu'"il est important d'�riger cette festivit� en un rendez-vous phare, afin de promouvoir le tourisme dans la r�gion".

Inond�e d�s le d�but de la soir�e par une foule en liesse, "Inourir", la place centrale du Ksar, a �t� investie par les habitants par�s de masques sont difficilement reconnaissables. L'on s'habille de costumes de toutes les couleurs, et l'on porte des "objets" plus ou moins bizarres. Une v�ritable parade au devant la porte du Ksar dont une grande partie vient d'�tre retap�e.

Dans cette ambiance bon enfant qui dure jusqu'� une heure tardive, le spectacle est vari�. Des "one man shows" ainsi que des parodies collectives sont jou�es sans organisation aucune, sinon spontan�e.

La libert� du ton est grandement tol�r�e. Chacun s'exprime sur les sujets qui lui tiennent � coeur. Quelques exag�rations sont possibles, mais c'est juste l'exception qui confirme la r�gle. Le public de tous les �ges se m�le aux protagonistes. Certains essayent de reconna�tre les leurs, gr�ce � leur voix, leur taille ou un signe quelconque. Rares ceux qui r�ussissent, tellement le d�guisement est quasi-parfait.


Les principaux protagonistes c�l�br�s lors de l'Achoura sont Mosh�, "Moise" chez les juifs, symbolisant le pouvoir d'un c�t� et "Biha", femme signe de beaut� et de richesse. Un seul refrain revient dans tous les chants : "Oh eaux d'Iguelmimen coulez assez fort, et permettez aux jeunes d'abreuver leurs poulaines". Le troisi�me personnage est "Ahezzan" charg� de faire rire la foule, c'est en quelque sorte le clown de la c�r�monie.

Le Carnaval attire aussi les habitants des douars voisins, plusieurs visiteurs nationaux et m�me internationaux. Parmi eux des fid�les, tel ce fils du terroir, Ali Karach, programmant toujours son cong� en cette p�riode d'Achoura.

"Je viens de Belgique pour participer au carnaval, et je n'ai bien �videmment pas oubli� mon masque pr�f�r�, les autres accessoires sont disponibles sur place", dit ce quinquag�naire, d�guis� en vieil homme bossu.

Outre le carnaval, les f�tes d'Achoura offrent aux enfants une place de choix. Apr�s avoir re�us le "taklout", sorte de panier en palmes contenant du couscous, un oeuf dur et un morceau de viande s�ch�e, gar�ons et filles font le tour des �troites ruelles d'un ksar abritant pr�s de quatre cent familles, demandant la baraka d'Achoura.

Les gens de Goulmima pr�servent aussi le traditionnel couscous en viande s�ch�e (kourdas) pr�par� pour le d�ner.

"D'embl�e, les �trangers sont avertis que tous les foyers servent tr�s t�t le d�ner, pour se vaquer aux festivit�s", fait pr�ciser Rabha, l'une des femmes qui aiment �galement se d�guiser, contrairement � la coutume.

Certes, la tradition veut �galement que la f�te d'Achoura comprenne �galement des jours de mensonge tol�r�, de R'ba (abstinence d'approcher les stocks et d'asperger les autres) et de la Baraka (aum�ne, dons). Mais, c'est, bel et bien, la nuit du carnaval qui reste la plus vivante, la plus festive et la plus longue.

MAP
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