La sauvegarde et la revalorisation des zones oasiennes marocaines: un d�fi � port�e
www.zizvalley.com | Le 10 / 11 / 2009 à 23:00 | Dans Divers
Errachidia, 11/11/09 - Les oasiens du Royaume sont d�sormais rassur�s quant aux perspectives de d�veloppement de leurs p�rim�tres. Une garantie majeure �taye cette affirmation: ces zones disposent d�sormais d'une Agence nationale pour le d�veloppement, dont le directeur vient d'�tre nomm�, mardi � Erfoud, par SM le Roi Mohammed VI.


Les zones oasiennes, de Figuig � M'hamid El Ghizlane, de Tata � Guelmim et de Taghjijt � Assa, font l'objet de multiples mesures et actions qui exigent cependant une meilleure coordination et synchronisation. L'une des t�ches de cette Agence serait justement la mise en synergie rationnelle des diff�rentes actions de d�veloppement qui ciblent ces r�gions.

Cette nouvelle structure, � n'en pas douter, intervient � point nomm�, dans la mesure o� la probl�matique oasienne ne laisse plus de place � la cogitation. Le d�s�quilibre entre, d'une part, la r�gression permanente des ressources et, de l'autre, la croissance des besoins des populations, est plus que patent. Partant de ce constat, la situation exige des interventions urgentes. Trois pistes � explorer dans cette optique : conserver, produire et valoriser.

Plusieurs provinces concern�es ont vu, lors de ces derni�res ann�es, le lancement de projets relatifs � la sauvegarde et la valorisation des oasis, que ce soit � Guelmim, Assa, Tata, M'hamid El Ghizlane, Fezouata, Figuig ou Zagora. Hormis les deux derni�res ann�es, ces zones vivaient depuis plus de deux d�cennies, au rythme d'un d�ficit hydrique lancinant . La d�gradation des conditions climatiques en g�n�ral a fait que les populations ont eu recours au pompage de la nappe, ce qui a bien �videmment caus� son �puisement et par cons�quent l'abandon de centaines d'hectares de palmeraies. Le d�veloppement de ces r�gions passe ainsi par la plantation, autant que faire se peut, de palmiers dattiers, en recourant aux ressources hydriques actuellement mobilisables.

Un projet prometteur vient d'�tre lanc� mardi � Sifa (province d'Errachidia) par SM le Roi Mohammed VI. Il s'agit de la plantation d'un million de palmiers dattiers dans la seule r�gion de Tafilalet, avec tous les effets positifs qui en d�couleront � tous les niveaux. En effet, ce vaste chantier va d'abord contrecarrer un ph�nom�ne lamentable, � savoir le vieillissement des plantations. Le nombre d'arbres en �ge de production diminue de plus en plus. Cette strat�gie agira �galement sur les attitudes parfois irrationnelles et archa�ques qui ont entra�n� des productions m�diocres. Le d�fi du projet de Tafilalet qui s'inscrit dans le cadre du Plan Maroc vert, est d'atteindre une production de l'ordre de 95 mille tonnes vers 2030. Bien �videmment, ces efforts doivent �tre accompagn�s par une dynamique scientifique. Face � la maladie du "Bayoud", hantise de tous les agriculteurs oasiens, les recherches scientifiques men�es par l'Institut National des Recherches Agricoles (INRA), ont abouti partiellement � donner naissance � quelques genres r�sistants, tels Nejda qui est d�j� sur le march�. Bient�t, une autre vari�t� aura place sur les march�s, en l'occurrence : " Al Amal ". Les autres axes � mettre en �uvre dans l'avenir auront certainement pour objectif la lutte contre le morcellement des terrains, qui se traduit par une baisse progressive de superficie, et partant de la production.

Dans ce cadre, le travail serait focalis� certainement sur la restitution des valeurs de gestion communautaire des ressources, de solidarit�, de discipline, pour contrebalancer la propension � cultiver des valeurs li�es � l'individualisme et � l'�gocentrisme. Espaces autrefois paradisiaques, les oasis doivent rompre avec les images de nonchalance et de fatalisme. Les populations doivent vivre de leurs revenus et non gr�ce aux deniers envoy�s au pays par des proches immigr�s.

De par sa noble mission, l'Agence nationale pour le d�veloppement des zones oasiennes r�pond � l'agenda international relatif � la pr�servation de la biodiversit�, mais aussi et, surtout, aux valeurs et � l'esprit de l'Initiative Nationale de D�veloppement Humain (INDH). Le train du d�veloppement int�gr� dans ces zones est maintenant mis sur les rails.

Par Mustapha Elouizi
MAP