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Le corps dans le cinéma d’Abdelkader Lagtaa. par : M. Ameur Cherqui
Publié Le 07 / 06 / 2006 à 22:00 | Dans Art & Culture | 1285 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article

Le mouvement créatif dans le domaine cinématographique marocain a aboutit au perfectionnement de certaines expériences notoires qui se basent sur des références claires et des perspectives conscientes qui conçoivent l’opération artistique comme un produit social et une pratique contiguë à la condition historique. Dans ce sens le produit cinématographique s’insère dans une orientation théorique qui l’encadre par conséquent. Celle-ci s’offre facilement à la détection de son identité, de sa référence et de ses objectifs aussi bien personnels que généraux. Cette création émane d’un repère artistique et social clairs.
Parmi les expériences, optant pour cette tendance, il y a celle d’A. LAGTAA qui a su se faire une spécificité propre pour sa création cinématographique ; visant essentiellement l’enrichissement du projet cinématographique national et la dynamisation de la question de la conscience artistique authentique qui a cadré, depuis toujours les expériences/projets les plus forts à travers l’histoire du cinéma marocain.
LAGTAA a défendu son projet culturel et esthétique, artistiquement, par ses films comme : « un amour à Casablanca », « bidawa », « la porte close » , « face à face » et théoriquement à travers ses interviews, ses déclarations, ses interventions et exposés lors d’un ensemble de colloques et  rencontres et ses publications dans différentes tribunes de presse. Ce qui a fasciné LAGTAA, dans son projet, c’est le regard autre à la création cinématographique et au projet social dans sa globalité surtout que la production LAGTAA déclare cela dans ses moyens, ses tournures, ses sujets d’investigation et ses discours pluriels liés soit à la production cinématographique ou aux fonctions de celle-ci, ses rapports et ses objectifs. C’est une prise de position vis-à-vis de l’art, de l’existence et de l’appartenance que justifie LAGTAA par le fait que tout se base sur les relations humaines qui sont l’essence de l’Homme surtout la relation homme/femme ou le corps marocain dans ses différentes répercussions, aspirations et refoulements.
LAGTAA est motivé, dans ses films, par la question du corps déchiré entre ses désirs ardents et l’atrocité de la soumission. C’est une façon de transcrire la réalité, de construire la violence de l’imaginaire et de suggérer des réponses aux besoins de la création et de la réalité marocaine. C’est ce que nous essaierons de rapprocher dans cette étude à partir de deux niveaux :
Le corps dans les films de Lagtaa : fonctions et références
Le corps se définit, dans un sens premier, comme étant la composante physique de l’être animé, complétée par l’âme. Il n’obéit plus à cette définition une fois pris dans le contexte socio-culturel qui l’a produit et ou il évolue du fait qu’il devient objet de discours, de projets et ses relations s’entremêlent. Par conséquent il devient à la fois consommateur et producteur d’un système de symboles et de pratiques qui sont les règles de l’institution sociale. Celle-ci  lui impose des limites, des interdits et le dresse, bon ou mal gré, à accepter les fondements d’un système de comportement. Et le corps revêt une importance cruciale dans l’existence, la société et la création. De même, il est considéré comme un espace de rencontres de traces culturelles diverses.
C’est un espace de conflit culturel et idéologique car « la recherche sur le corps englobe la société dans sa totalité. Celui-ci n’est pas uniquement un produit de la nature mais d(une histoire, d’une culture et d’une idéologie ». Ainsi on pourrait considérer la réflexion créatrice et théorique sur le corps comme sur l’existence en général et quand « je pense  corps je pense monde » et en revanche « tuer le corps c’est dénuer le monde de  sens ».
Des thèses et des discours divers ont tenté la définition du corps et la défense de sa légitimité d’existence comme identité libre qui rompt avec touts les formes de l’esclavage, de la soumission et de l’exclusion, produites par l’institution sociale dans le cadre de ce que M. Foucault appelle «  la technologie de l’autorité sur le corps ». Ce corps qui a toujours subi une violence quelconque à cause de sa soumission à une orientation préalable de la part de l’institution culturelle qui l’a façonné comme un espace porteur de sa nomenclature symbolique. Et l’a transgressé comme existence dont le désir est contigu par le fait de dompter ses besoins et ses aspirations. Elle l’a également omis une fois il est présenté sous une forme incomplète : handicapé, aliéné, moins fort (la femme) et inapte à se mettre à la reproduction de la nomenclature de symboles avec résignation ; cela fait que « l’individu, ayant un handicap suscite, uniquement par sa présence, un dérangement et une confusion sur la façon sur la façon à adopter avec lui. La dialectique déliquescente du discours ou du corps se rétrécit soudainement, et se confronte à la masse réelle ou imaginée du corps de l’autre. De là naît la question sur l’attitude à adopter. Le souci augmente une fois les qualités corporelles d’un individu sont moins encourageantes pour le prendre comme comparant (…) Le souci provient, sans doute, dans l’impossibilité de s’ancrer dans l’autre et de se comparer à lui, d’une façon ou d’une autre, avec ce qu’il personnifie au profond de son corps, et de son comportement. »        


par : M. Ameur Cherqui