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Entretien l'artiste peintre Rachid ADIDOU
Publié Le 04 / 02 / 2012 à 23:35 | Dans Art & Culture | 2095 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article


Depuis 2003, le jeune artiste plasticien Rachid Adidou fait du boulevard Moulay Ali Charif à Errachidia sa galerie. Sous les palmes, il expose ses toiles d’œuvre d’art. Il vend ses produits aux nationaux comme aux touristes. L’expo a donné au boulevard une ambiance artistique certaine.

Entretien : Al Bayane :

A quand remonte votre premier intérêt à l’art plastique ?
Rachid Adidou : Tout petit à l’école je me présentais aux compétitions scolaires en matière de dessin, et par hasard, mes professeurs me choisissaient toujours pour représenter notre école dans les concours de la ville, j’avais à plusieurs reprises remporté ces concours.
Mes outils n’étaient à l’époque que les crayons de couleurs et mes cahiers de cours. Je trouvais des problèmes certes avec mes professeurs comme avec mes parents qui ne comprenaient pas comment j’utilisais mes cahiers pour des grignotages de ce genre. Etre dessinateur dans un milieu modeste reste très difficile.

Pas d’encouragements donc ?
Non aucunement ! mis je me rappelle une fois d’un effet déclencheur de ma confiance et de l’importance de ce que je fais.
Un jour et alors que j’étais entrain de dessiner dans un coin, un peu distant de mes affaires scolaires, une cousine était entrée chez nous et m’avait posé la question : « que fais tu de beau Rachid ? » Peut-être, avait-elle posé la question par simple courtoisie ou par gentillesse, mais en moi quelque chose est née. Une fierté qu’une personne adulte s’intéresse à ce que je fais.

Et vos débuts professionnels ?
J’avais eu mon baccalauréat en arts plastiques à Meknès, en 1997, j’ai beau déposé ma candidature pour le centre pédagogique régional envue de devenir prof de cette matière, en vain. Après quatre ans, j’ai commencé à penser moi et quelques artistes de la ville à investir la rue pour y installer nos galeries. En réalité, et après deux ou trois années, je me rends compte du joli sort que den ne pas être recruté prof des arts plastiques. Je men sens libre et bien épanouis.

L’on remarque que la majorité des toiles relèvent d’un style figuratif apparent ?
Si vous avez raison, mais ce ne sont qu’un échantillon de nos toiles, et puis l’exposition dans la rue a certainement ses exigences pratiques.
Les touristes veulent surtout ramener des toiles qui les rappellent des lieux, des cultures, des mœurs et des populations locales, du coup, le nombre des tableaux figuratifs sont nécessairement plus nombreux.
Ceci dit, je fais aussi de l’abstrait, je présente quotidiennement trois ou quatre toiles, question de présenter au public un autre goût, car dans note mission en tant qu’artistes de la rue, nous ne faison pas que vendre, mais nous initions le grand public aussi à une culture inédite dans la région.

Dans ce sens, va-t-on voir un atelier en pleine rue ?
C’est une très bonne idée, d’ailleurs moi et un autre artiste « Mahmoudi », nous avions déjà entrepris l’expérience, et je ne cache pas qu’elle était fructueuse au niveau du rapport artiste/public. Mais, il y aussi des conditions objectives qui empêchent cette opération de prendre forme, notamment les vents et la poussière. Mais personnellement, je compte bien reprendre cette magnifique expérience.

Quelles leçons avez-vous tiré de ces galeries ouvertes ?
Le rapport avec le grand public est difficile, si ce n’est pas délicat. Les gens pensent que les arts plastiques sont un luxe et une manière pour les intellectuels d’exercer leurs fantaisies et spéculations.
Mais, là, on ne cesse d’abord d’expliquer, de vulgariser et de rapprocher l’art du commun des mortels. Nous aussi on apprend beaucoup du public, et la première valeur qu’il nous inculque c’est la modestie.
A trente-trois ans, peut-on dire que la peinture et la galerie dans la rue vous fait vivre dignement ? Franchement oui. Je ne regrette pas le choix que j’ai fait.
Les gens ont, de plus en plus l’habitude de se procurer des œuvres d’art. Et c’est tant mieux. Il y a certes un retard dans la prise en conscience institutionnelle, mais, cela va aussi changer avec le temps.

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