zizvalley errachidia
Moha Mellal
Publié Le 19 / 12 / 2011 à 10:33 | Dans Art & Culture | 2141 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
moha mellal


Natif de Tamlalt " La gazelle " village perché entre Bou Malne N’Dadés et Msemrir; village de montagne où il neige et où le froid gerce les mains,village isolé en hiver par les chutes de neige, et toute l’année par l’inexistence d’une piste carrossable.
Pourquoi cette description somme toute banale puisque lot de plusieurs dizaines de villages du Maroc ? Parce que malgré toutes ces difficultés, Moha Mellal a pu dessiner et jouer de la musique avant d’avoir vu sa première voiture. Grâce à son père, mineur à Bou wazar, le jeune garçon, âgé de moins de six ans, avait eu entre les mains de pleins cartons de bandes dessinées et un petit atelier bien fourni en outils pour fabriquer ses voitures imaginaires avec du fil de fer et des bidons, ainsi que ses propres instruments de musique et ceux de ses copains.
Á six ans, il avait commencé à dessiner le portrait de ce père souvent absent car travaillant loin de sa famille et à reproduire, spontanément, avec des crayons de couleurs, tout ce qu’il voyait et tout ce qui lui plaisait.
Si ses études primaires s’étaient déroulées sans trop de difficultés car il y avait une école à Tamelalt, ses études secondaires furent un calvaire. Seul son amour pour le dessin allait le sauver de l’ignorance et lui donner le courage d’affronter le froid glacilal des matins d’hiver pour traverser le passage étroit et glissant de la montagne, passage au nom lugubrement évocateur de Zouj D’El koufen  Deux linceuls  un petit pont en bois verglacé, glissant qu’il traversait, à cinq heures du matin et à vingt heures, avec le peu d’élèves qui avaient le courage de se réveiller à cette heure indue pour aller de Tamlalt au collège de Bou Malne,chaque jour. Les jeunes collégiens traversaient à genoux et en s’accrochant de leurs petites mains sur le bois glacé, ce pont branlant pour ne pas glisser et tomber dans le ravin. L’une des sœurs de Moha Mellal y avait laissé la vie. C’est la peur au ventre que sa mère le voyait souvent partir sous la neige ou dans une brume à couper au couteau quand, de guerre lasse, devant l’entêtement de son fils, après avoir tout essayé de l’empêcher de partir de peur de le perdre, le laissait partir mais ne retrouvant ses esprits qu’après le retour de Moha, à vingt heures, dans la nuit tombée.
Á douze ans, il reçoit enfin sa première guitare, offerte par son père. Il jouait, tout seul, les chansons qu’il entendait mais composait aussi les siennes. Il enregistrait ses morceaux sur un magnétophone et se réécoutait pour s’auto critiquer.
Plusieurs années plus tard, autant il était reconnaissant à certains de ses professeurs qui avaient découvert en lui une graine d’artiste et l’avaient encouragé, autant il en voulait à un professeur natif de son village qui,chaque matin, l’envoyait au tableau et moquait ses mains gercées devant ses petits amis à tel point que Moha les cachait, tellement il avait honte, non pas de ses mains, mais de son professeur qui savait le martyr que subissaient les enfants de Tamlelat avant d’arriver au collège de Boumalne. Il n’eut de cesse qu’après le lui avoir dit le jour où il le rencontra quelques années plus tard !
Si, aujourd’hui, Moha Mellal a su trouver sa place dans le mouvement artistique marocain et international en général et amazighe en particulier, c’est grâce à sa persévérance et son sérieux. Son style musical précurseur d’un mouvement moderne qui exprime la renaissance d’une culture amazighe plusieurs fois millénaires,ouvre la voie à une renaissance à laquelle participe toute une nouvelle génération fière de son amazighité. Pourvu que l’institutionnalisation et la constitutionnalisation de la langue amazighe donnent une impulsion aux artistes afin de s’épanouir plus librement loin des contraintes d’une lutte militantiste qui prend beaucoup de temps au détriment de la créativité artistique.

Moha SOUAG
Errachidia 12.12.2011

Commentaires article
Commentaire N°1 Posté par : el houssain Le 05 / 05 / 2012 à 20:20 Adresse IP: 41.251.13.183
azoul ogma moha J'admirais mon père Allmad votre entreprise et également impressionné par la technique Tserfatk pour être bon et j'ai aussi amazigh amazigh amazigh et j'aime que j'ai grandi dans le giron de la mère compatissante tamazight et je vous remercie beaucoup tanmirt
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