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Rafael Nadal remporte son deuxième Roland-Garros
Publié Le 11 / 06 / 2006 à 22:00 | Dans Sport | 1167 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article

PARIS (AFP) - Rafael Nadal, vainqueur pour la deuxième année d'affilée du tournoi de tennis de Roland-Garros, a signifié dimanche au N.1 mondial Roger Federer que sur la terre battue, le patron c'est lui.

Le jeune Espagnol de 20 ans n'a pas laissé beaucoup de place au suspense dans le choc le plus attendu depuis des années. Sa victoire en quatre sets 1-6, 6-1, 6-4, 7-6 (7/4) et à peine plus de trois heures a été la plus facile des quatre qu'il a remportées cette saison sur le Suisse.

Rien à voir avec les cinq heures de lutte d'il y a un mois à Rome, où le Suisse avait eu deux balles de match. Le public, qui s'attendait à vibrer jusqu'à la tombée de la nuit, en a été presque frustré.

Le Majorquin semble parti pour un long règne à Paris, où il est invaincu en quatorze matches. Il est désormais le seul joueur de l'histoire à y avoir gagné lors de ses deux premières tentatives. Même Björn Borg, avec qui la comparaison s'impose de plus en plus, avait échoué.

Nadal est aussi invaincu depuis 60 matches sur terre battue, record absolu, et on se demande qui pourra venir le chercher sur sa surface de prédilection, d'autant que depuis sa victoire sur l'Argentin Mariano Puerta l'année dernière, il a ajouté plusieurs cordes à son arc.

Avec ses jambes exceptionnelles, le N.2 mondial continue à écoeurer ses adversaires en ramenant des balles impossibles. Son lift en coup droit est toujours aussi usant et toujours aussi sûr.

Mais Nadal est désormais capable de s'offrir des points gratuits grâce à son service et d'écourter l'échange en prenant l'initiative du fond du court. De façon significative, il a réussi presque autant de coups droits gagnants que Federer lors de la finale (12 à 13).

Il a aussi appris à modifier sa tactique lorsque celle du rouleau-compresseur ne fonctionne pas. Ainsi, après un premier set complètement raté, probablement à cause d'une inhabituelle nervosité, il a adopté provisoirement une attitude plus offensive qui a troublé Federer.

On l'a même vu réussir un service-volée, un comble pour un joueur dont le jeu au filet reste le gros point faible.

L'évolution est logique car Nadal n'a pas l'intention de faire une carrière de spécialiste exclusif de la terre battue. A l'image de Borg, il ne cache pas son ambition de s'imposer aussi dans les autres Grands Chelems, à l'US Open et à l'Open d'Australie dans un futur proche et même, à plus long terme, sur l'herbe de Wimbledon, la surface qui lui est le moins favorable.

Pour Federer, battu pour la première en finale d'un tournoi majeur après sept succès, c'est la fin d'un rêve. Le Suisse, qui restait sur trois succès, à Wimbledon et à l'US Open en 2005 et à l'Open d'Australie en début d'année, ne rejoindra pas Donald Budge et Rod Laver, les seuls à avoir détenu les quatre titres du Grand Chelem en même temps.

Difficile de dire s'il parviendra un jour à s'imposer à Roland-Garros, mais on peut certifier que cela restera très compliqué tant que Nadal se dressera sur son chemin.

Non seulement l'Espagnol est le seul membre du Top 10 à mener dans ses face-à-face avec le Bâlois, mais en plus le bilan est écrasant: 6 à 1 (et encore Nadal a mené 2 sets à 0 et s'est trouvé à deux points du match lors de sa seule défaite en 2005 à Miami).

De quoi alimenter la thèse du complexe, ou au moins de l'incompatibilité de son jeu avec celui de l'Espagnol. Il est quand même paradoxal que des joueurs comme Paul-Henri Mathieu, voire Lleyton Hewitt, aient posé plus de problèmes à Nadal que le Suisse, considéré comme un des plus grands joueurs de l'histoire et élevé sur terre battue.

Trop passif peut-être, voire pas assez dur mentalement sur la durée ? En tout cas, les statistiques indiquent que Federer a tout simplement commis beaucoup trop d'erreurs (58, surtout en revers) pendant que Nadal ne ratait rien ou presque (3 fautes seulement dans le troisième set, où le match a basculé).

En conséquence, il n'a jamais donné l'impression de pouvoir renverser la situation, malgré un joli sursaut final, lorsqu'il a débreaké alors que Nadal servait pour le match à 5-4. Mais l'Espagnol a logiquement confirmé sa domination au jeu décisif.

Le Suisse va retrouver le gazon dès la semaine prochaine à Halle (Allemagne), puis dans quinze jours dans son jardin de Wimbledon, où il s'est imposé ces trois dernières années.

Quant à Nadal, attendu au Queen's avant le Grand Chelem anglais, il sera sans aucun doute moins à l'aise sur le vert que sur le rouge. Mais même en cas d'échec, il pourra mesurer le chemin parcouru depuis le début de l'hiver. Le Majorquin souffrait tellement d'un pied qu'il s'était à un moment demandé s'il pourrait rejouer au tennis.



1997: Gustavo Kuerten (BRA) bat Sergi Bruguera (ESP) 6-3, 6-4, 6-2
1998: Carlos Moya (ESP) bat Alex Corretja (ESP) 6-3, 7-5, 6-3
1999: Andre Agassi (USA) bat Andrei Medvedev (UKR) 1-6, 2-6, 6-4, 6-3, 6-4
2000: Gustavo Kuerten (BRA) bat Magnus Norman (SUE) 6-2, 6-3, 2-6, 7-6
2001: Gustavo Kuerten (BRA) bat Alex Corretja (ESP) 6-7, 7-5, 6-2, 6-0
2002: Albert Costa (ESP) bat Juan Carlos Ferrero (ESP) 6-1, 6-0, 4-6, 6-3
2003: Juan Carlos Ferrero (ESP) bat Martin Verkerk (NED) 6-1, 6-3, 6-2
2004: Gaston Gaudio (ARG) bat Guillermo Coria (ARG) 0-6, 3-6, 6-4, 6-1, 8-6
2005: Rafael Nadal (ESP) bat Mariano Puerta (ARG) 6-7 (6/8), 6-3, 6-1, 7-5
2006: Rafael Nadal (ESP) bat Roger Federer (SUI) 1-6, 6-1, 6-4, 7-6 (7/4) 

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