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Erfoud : Les maghrébins offrent un théâtre avant-gardiste de haute qualité
Publié Le 04 / 04 / 2010 à 16:38 | Dans Art & Culture | 1383 Lectures | E-mail Article | Imprimer Article
La troisième journée de la rencontre internationale du théâtre d’Erfoud aura été d’une très haute qualité théâtrale, à la faveur notamment des spectacles assurés vendredi par deux troupes algérienne et tunisienne.

« L’association de l’art théâtral pour défier l’handicap » et « le nouveau théâtre » de la ville de Yessr, de la wilaya de Boumerdas ont ainsi enchanté le public de cette troisième édition, grâce aux pièces données en représentation dans des styles assez distingués : « Hourqos » et « Haute sécurité ».

Les deux troupes ont notamment excellé par l’originalité des textes choisis, mais aussi par le mouvement des comédiens, l’harmonie entre langage du corps, des accessoires et le dialogue entre différents personnages. Intelligemment, les deux troupes ont su comment s’attacher les services d’un public venu nombreux.

Ainsi, et pour plusieurs raisons, la pièce de théâtre « Hourqos », intitulé prêté par l’un de ses protagonistes, a été pour le moins singulière. Pour une fois, les comédiens quitteront leur planche traditionnelle pour interpréter, sur un terrain aménagé à la romaine sous forme d’un cercle, grâce notamment aux torches dressées sur des piliers en bois.

Le spectacle qui a eu également lieu pendant la soirée, donc dans le noir, reposait dans ses jeux de lumière sur le seul feu des torches que les protagonistes, notamment Hourqos », symbolisant le mal, attisaient de temps à autre, un geste qui s’inscrit lui-même dans une trame complexe et ambigüe.

Ecrite par l’émirati Saleh Karama, la trame met en scène un vendeur d’armes « Hourqos » qui vend sa marchandise aux ennemis de sa propre tribu. Venus appeler secours, les siens n’ont trouvé qu’égoïsme, orgueil et opportunisme, bref un vendeur de mal.

La dimension dramaturgique se complique davantage et le sémantisme s’ouvre à toutes les interprétations. « Harith » et « Hourqos » tiennent ainsi des parcours narratifs différents, des destinées différentes, et finalement le texte de Saleh Karama se lit plus clairement que le roman de Paulo Coelho « Le démon et Mademoiselle Prym ».

La qualité du texte et du spectacle se sont enchaîné avec la troupe algérienne « Le nouveau théâtre de la ville de Yessr » qui a interprété une pièce intitulée « Haute sécurité ». Réalisée par Chentouf Abdelghani, cette pièce met en scène dans un style parodique la thématique de l’autorité, notamment dans l’institution de l’armée.

Deux soldats dans une tour de surveillance, lieu insignifiant, changent de statut hiérarchique, de chef en subalterne et vis-versa, en fonction de la détention d’un mot de passe qui change chaque 24 heures. Et si l’un d’eux perd ou oublie son mot de passe, il risque sa vie.

Conçu pour protéger des hommes en danger éventuel, le mot de passe devient un symbole d’autorité et un tremplin vers un poste hiérarchique élevé, et peut même coûter la vie à celui qui n’en dispose pas. Un jeu certes simple grâce à un dialogue assez fluide, mais certainement difficile au niveau de sa composition.

Mustapha ELOUIZI
MAP

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